Jusqu’où s’étend la liberté d’expression des journalistes en République démocratique du Congo ? Cette question brûlante resurgit suite à l’interpellation du journaliste indépendant Jérémie Kitemoko Kapela et aux accusations d’atteinte à la sûreté de l’État qui pèsent sur lui. Arrêté le samedi 21 septembre 2024 par l’Agence nationale de renseignements (ANR), M. Kitemoko a pris la fuite de l’hôpital militaire du camp Kokolo après cinq jours de détention. Sa disparition est suivie de visites policières répétées au domicile familial, intensifiant l’inquiétude générale.
Selon des sources proches du parquet de Kalamu, l’interpellation est liée aux prises de position du journaliste dans divers médias, jugées favorables à des mouvements rebelles. Son nom serait également évoqué dans l’enquête sur la récente tentative d’évasion à la prison centrale de Makala.
Détention, Fuite et Enquêtes au Domicile
À son arrivée au parquet, M. Kitemoko n’aurait pas été auditionné. Placé en détention pendant cinq jours, son état de santé se serait fortement dégradé. Il a ensuite été transféré à l’hôpital militaire du camp Kokolo, d’où il aurait pris la fuite vers une destination inconnue.
Après cette évasion, la famille du journaliste subit la pression des forces de l’ordre. Des membres de sa famille rapportent que, quelques jours après sa « disparition« , des agents de la police en civil ont effectué plusieurs visites à leur domicile pour enquêter sur l’individu en fuite. Ces agents se seraient déplacés à bord d’une jeep de couleur bleue.
La famille signale par ailleurs la disparition d’un proche, qui était agent de police.
Absence de Réaction Officielle
Jérémie Kitemoko Kapela est actuellement introuvable. Aucune déclaration officielle n’a été faite jusqu’à présent par les autorités judiciaires ou sécuritaires concernant cette affaire. L’Union nationale de la presse congolaise (UNPC) n’a pas non plus réagi publiquement à l’arrestation.
Rémy NSIMBA