Le briefing de presse organisé le 24 décembre 2024 au Kasaï central, à la faveur d’un voyage d’itinérance du Président de la République, Félix Tshisekedi, aura véritablement marqué les esprits. Pour cause, l’intervention du gouverneur de cette province, Joseph Moïse Kambulu N’konko. En effet, le gouverneur a déclaré devant les caméras de la presse nationale et internationale que tout est prioritaire dans le Kasaï central et que rien n’y est fait. Vérité? Populiste? Ou faute grave?
Cette déclaration à la lisière de l’audace faite par le numéro 1 de l’exécutif provincial a fait le tour des médias et des réseaux sociaux. Elle a été saluée par une partie de l’assistance et forcément par l’Opposition.
Mais seulement, cela n’a pas été vu d’un bon œil par sa propre famille politique. Ce qui est d’autant plus logique car aucun parti, même de l’Opposition, n’accepterait de voir un de ses cadres se livrer publiquement dans une pareille envolée verbale, allant à l’encontre du discours de la famille politique. La même attitude avait coûté à Vital Kamerhe, alors Président de l’Assemblée nationale, son strapontin en 2009.
Et donc, par la même logique que le jour suit la nuit, Kambulu devrait assumer les conséquences de son choix, encore que quelques jours avant le fameux briefing, il inspectait certains travaux dans sa province. Voilà qui justifie sûrement que le ministre de l’Interieur Jacquemain Shabani ait invité ledit gouverneur à Kinshasa.
A Kinshasa, certains dans l’opinion semble pourtant trouver le diable ailleurs. Il pointe du doigt accusateur le Briefing de presse qui serait une tribune pour protéger « le mensonge »! Et par ricochet, ils y trouvent une occasion d’en vouloir au ministre des Médias et porte-parole du gouvernement.
Une question: quelle est réellement sa responsabilité? En toute objectivité, il n’a aucune responsabilité dans les propos et leurs conséquences. Son seul péché est d’avoir conçu le briefing, ce cadre d’échange et surtout de redevabilité entre ceux qui ont entre leur main la gestion de la chose publique et le souverain primaire, à travers les chevaliers de la plume.
Grâce à cela, il a facilité l’accès aux informations sur l’action du gouvernement et d’autres services qui dépendent de l’État. Plus intéressant encore, c’est quasiment tous les médias qui y prennent part. Des grands au plus petits en passant par ceux proches de l’Opposition.
Beaucoup dans l’opinion estiment qu’il est plus juste de faire la part des choses entre le ministre Muyaya et les personnalités publiques qui viennent co-animer le briefing avec lui, selon le besoin. Ces dernières sont chacune prise individuellement responsables de leurs propos,mensonges ou vérités soient-ils, et donc responsables des conséquences qui en découleraient.
Rémy NSIMBA