ITURI : À Djugu, les femmes relancent le dialogue de paix entre Mandro et Ezekere avec le soutien de la MONUSCO

Cinq ans après des tensions intercommunautaires, des notables du groupement d’Ezekere ont enfin renoué le contact avec Mandro, lors d’une rencontre historique organisée par des femmes médiatrices de l’Ituri, formées par la MONUSCO. Le 3 juin, cet événement a rassemblé à Mandro des femmes leaders, des représentants de la société civile et des chefs de groupement pour discuter de la cohabitation pacifique et revitaliser les échanges socio-économiques.

Mandro, habité principalement par des Hema, et Ezekere, peuplé majoritairement de Lendu, sont séparés par une rivière, mais les traumatismes ont créé des barrières invisibles. Lors de cette rencontre, « des échanges d’émois, des accolades et des rires » ont marqué un pas vers la possibilité d’un dialogue constructif.

Trente-six leaders communautaires ont exprimé leurs craintes et discuté des défis qui alimentent les tensions. Des exercices de médiation ont permis de révéler les peurs et ont abouti à des propositions de solutions. Marguerite, secrétaire des femmes leaders d’Ezekere, a partagé son expérience en disant : « Lorsque j’ai annoncé à ma famille que je partais pour Mandro, ils avaient peur. Mais moi, j’étais confiante. Ce n’est pas normal d’avoir peur d’aller à la rencontre de ses voisins ». Micheline, enseignante originaire de Mandro, a témoigné de la possibilité d’un vivre-ensemble, en affirmant : « Il y a des tensions, mais il y a aussi de la vie, des enfants qui jouent ensemble ».

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de la MONUSCO pour favoriser le dialogue en Ituri. Love Kitambo, médiatrice formée, a noté : « Chaque participant a pu exprimer ses sentiments. Nous avons vu des larmes, mais aussi des sourires ». Elle a souligné l’importance de l’expression des émotions pour rétablir des liens de confiance entre les communautés.

À l’issue de la journée, les participants ont appelé à un soutien gouvernemental renforcé pour intégrer l’éducation à la paix et poursuivre les médiations communautaires. Cette journée a illustré le rôle de la MONUSCO en tant que catalyseur du dialogue et des efforts de paix, prouvant que, même avec des cicatrices, un avenir commun reste possible pour les communautés de Mandro et d’Ezekere.

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