Il se constate une flambée préoccupante du choléra en RDC. Le lundi 14 juillet, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, Dr Samuel Roger Kamba Mulamba, a présenté lors d’un briefing, aux côtés de son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, un tableau inquiétant de la situation épidémiologique actuelle.
A l’en croire, 35 000 cas de choléra ont été recensés sur le territoire national, avec 95 décès officiellement enregistrés depuis le début de l’année 2025. Rien que pour la semaine épidémiologique 27, 2 085 cas ont été rapportés, soit une hausse de 19 % par rapport à la moyenne hebdomadaire habituelle estimée à 1 000 cas.
Le ministre Roger Kamba a particulièrement pointé la ville de Kinshasa, où 27 zones de santé sur 35 sont déjà touchées. Le taux de mortalité y grimpe jusqu’à 9 %, soit trois fois plus que la moyenne nationale (3 %). Aux côtés de la capitale, les provinces les plus affectées sont la Tshopo, le Sud-Kivu, le Maniema et le Nord-Kivu, dans un contexte de fragilité sanitaire accrue.
Pour le Dr Kamba, cette recrudescence est directement liée aux inondations récurrentes, qui ont perturbé l’accès à l’eau potable et dégradé les conditions d’hygiène :
« L’eau et l’hygiène sont les deux principales causes de cette flambée. L’inondation, les égouts font que l’eau stagne et que la maladie se propage rapidement », a-t-il déclaré.
Quatre centres de traitement ont été réactivés dans la capitale : Ngiri-Ngiri, camp Kokolo, Mama Yemo et Pakadjuma. Les coûts de la riposte ne sont pas encore connus, mais le gouvernement assure travailler en coordination avec ses partenaires internationaux pour contenir la situation.
Symbole du drame en cours : l’orphelinat Mama Koko, dans le pavillon La CASA à Kinshasa, où 60 enfants ont été atteints, dont 16 sont décédés. Certains présentent des atteintes neurologiques graves, révélant l’ampleur de la crise. Le ministre parle d’un « drame humanitaire » nécessitant une réponse ciblée et rapide.
Pour freiner la propagation, les autorités insistent sur la nécessité pour la population d’adopter des comportements rigoureux. Il est recommandé d’éviter la consommation d’aliments mal préparés ou mal conservés. Toute automédication est vivement déconseillée, notamment l’usage incontrôlé de médicaments anti-diarrhéiques, susceptibles d’aggraver les cas en retenant les toxines dans l’organisme. Les citoyens sont appelés à ne consommer que de l’eau propre ou préalablement traitée, et à renforcer l’hygiène des mains, en particulier avant les repas et après l’utilisation des toilettes. En cas de symptômes suspects, il est impératif de se rendre sans délai au centre de santé le plus proche.
« La situation est préoccupante et nécessite une mobilisation générale », a insisté le Dr Roger Kamba.
Le traitement du choléra est entièrement pris en charge par l’État, rappelle-t-il. La prise en charge rapide, notamment la réhydratation orale ou intraveineuse et l’usage approprié d’antibiotiques, reste essentielle pour sauver des vies.
Si le pays fait encore face à des cas résiduels de Mpox, cette nouvelle flambée de choléra vient relancer le débat sur les structures sanitaires en RDC. Depuis 1973, cette maladie évitable continue de sévir, notamment dans des provinces comme le Tanganyika, le Haut-Katanga ou le Lualaba, faute d’un accès stable à l’eau potable et à l’assainissement.
À travers ce briefing, le gouvernement congolais entend impliquer la population dans la riposte et mettre en lumière l’urgence sanitaire d’une épidémie qui ne doit plus être reléguée à la banalité du cyclique.
Osée MABIALA