À l’occasion du sixième anniversaire d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi a publié, dimanche 21 décembre 2025 depuis Londres, un communiqué au ton grave. Face à ce qu’il qualifie de « situation chaotique », l’ancien gouverneur du Katanga appelle à la résistance et propose une sortie de crise fondée sur le dialogue.
Le leader de l’opposition dresse un constat sévère de l’état de la Nation. Déplorant une dégradation généralisée, il exhorte les Congolais à une prise de conscience collective: « La liberté et la démocratie ne se mendient pas. Elles se conquièrent par l’engagement, l’unité et le courage », martèle-t-il. Pour structurer cette offensive politique, il annonce la création d’un Directoire national chargé de porter la ligne du parti et de préparer une alternative de gouvernance. « Le changement est possible », affirme-t-il, ajoutant que « l’histoire n’est jamais écrite d’avance ».
Une dérive autoritaire dénoncée
Katumbi consacre une large part de son message à critiquer la gouvernance actuelle, qu’il accuse de verser dans une répression systématique. Il dénonce des violations des droits fondamentaux: arrestations arbitraires, perquisitions abusives, instrumentalisation de la justice. « Le régime en place se perd chaque jour davantage dans une dérive autoritaire qui bafoue les principes de notre Constitution », déplore-t-il. Selon lui, le pouvoir recourt à la « terreur » et à la « torture » pour briser les résistances, transformant les tribunaux en « instruments de persécution politique ».
Crise sécuritaire et fracture sociale
Sur le plan sécuritaire, l’ex-gouverneur dresse un tableau sombre de la situation à l’Est, où les populations seraient « abandonnées à leur triste sort ». S’il soutient les initiatives diplomatiques comme les accords de Luanda, de Doha ou de Washington, il estime que la solution ne peut venir uniquement de l’extérieur. Pour lui, la guerre résulte de « choix politiques désastreux ».
Cette instabilité va de pair avec une crise sociale profonde. Katumbi fustige l’enrichissement d’une « oligarchie prédatrice » pendant que « près de 85 % des Congolais vivent dans la pauvreté extrême ». Il pointe une corruption galopante et l’incapacité de l’État à garantir des services essentiels comme l’eau ou l’éducation.
Un dialogue inclusif comme horizon
Face à ce qu’il qualifie d’« État en faillite », Katumbi plaide pour une solution politique interne. Il appelle à un dialogue inclusif réunissant Gouvernement, opposition, société civile et groupes armés comme l’AFC/M23, sous la médiation des confessions religieuses, notamment la CENCO et l’ECC.
« On ne fait pas la paix avec ses amis, mais avec ceux avec qui l’on est en conflit », justifie-t-il. Il confie au nouveau Directoire la mission de nouer les contacts nécessaires pour « bâtir de façon consensuelle les solutions qui permettront au pays de sortir de l’impasse actuelle ».
MATSHI Darnell