RDC : Face à « l’urgence extrême », le CES réclame un sursaut économique et un débat constitutionnel apaisé

​Le Conseil économique et social (CES) a clôturé, ce lundi 1er juin, sa session ordinaire d’avril 2026. Plusieurs points et aspects ont été épinglés lors de cette cérémonie de clôture notamment sur un double constat : la nécessité d’un débat serein autour de l’avenir institutionnel du pays et l’urgence d’engager des réformes économiques capables de répondre aux défis auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.

Dans son discours de clôture, le président du CES, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, a appelé les acteurs politiques et sociaux à aborder toute réflexion sur la Constitution dans un climat d’apaisement et de responsabilité.

« Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution doit se dérouler dans la sérénité, l’inclusivité et sans personnalisation », a-t-il déclaré, estimant qu’une telle question engage l’avenir de la Nation et mérite une approche dépassionnée.

Au-delà de cette question institutionnelle, le président du CES a consacré une large partie de son intervention à la situation économique du pays. Il a dressé le tableau d’une RDC confrontée à plusieurs défis structurels, notamment une croissance démographique soutenue, un chômage persistant, une faible industrialisation et une forte dépendance aux exportations de matières premières.

« L’urgence est extrême », a-t-il averti, soulignant que la croissance démographique annuelle de près de 3 % exerce une pression croissante sur les besoins en emplois, en infrastructures et en services sociaux. Selon lui, près de 46 % de la population congolaise est âgée de moins de 15 ans, une réalité qui impose des politiques publiques ambitieuses en matière de formation, d’emploi et d’investissement.

Le président du CES a également mis en garde contre la vulnérabilité de l’économie nationale face aux fluctuations des marchés internationaux. Une baisse des cours des minerais pourrait, a-t-il expliqué, fragiliser davantage les finances publiques et ralentir les efforts de développement si la diversification de l’économie n’est pas accélérée.

Face à ces enjeux, l’institution préconise notamment des réformes fiscales favorisant l’investissement productif, le renforcement du tissu industriel national, le développement des filières agricoles et la transformation locale des ressources.

Par ailleurs, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala a rappelé que le pays évolue dans un contexte marqué par plusieurs crises simultanées. Il a évoqué la poursuite de l’agression dans l’Est de la RDC ainsi que les défis sanitaires liés à la résurgence de la maladie à virus Ebola, des situations qui continuent de peser sur les perspectives économiques et sociales du pays.

Sur le plan des travaux internes, le CES a indiqué avoir finalisé plusieurs avis et réflexions portant notamment sur l’éthique du personnel soignant, la transformation numérique, la gestion des déchets, la réforme du système éducatif, la sécurité alimentaire et le développement rural.

À travers cette clôture de session, le Conseil économique et social entend ainsi se positionner comme un cadre de réflexion et de propositions sur les grandes questions nationales, tout en appelant les décideurs à privilégier le dialogue, les réformes structurelles et la cohésion nationale pour relever les défis actuels du pays.

Osée MABIALA

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