Ebola en RDC : 381 cas confirmés et 63 décès enregistrés après vingt jours de riposte

Vingt jours après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo, les autorités sanitaires congolaises dressent un état des lieux plus précis de la situation. À ce jour, la République démocratique du Congo totalise 381 cas confirmés et 63 décès, selon les chiffres présentés jeudi 4 juin par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Samuel Kamba, lors d’un briefing coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Face aux nombreuses spéculations relayées sur les réseaux sociaux, le ministre de la Santé a tenu à clarifier l’ampleur réelle de l’épidémie. « Nous ne sommes ni à 900 ni à 1.000 cas, comme certaines informations le laissent entendre. À ce jour, nous totalisons 381 cas confirmés », a-t-il déclaré.

L’épidémie demeure concentrée dans trois provinces du pays. L’Ituri reste l’épicentre de la maladie avec près de 95 % des cas recensés, tandis que le Nord-Kivu compte 19 cas confirmés et le Sud-Kivu trois cas. « En dehors de ces trois provinces, aucun cas n’a été enregistré », a insisté Roger Samuel Kamba.

Parmi les 381 personnes diagnostiquées positives, 63 ont succombé à la maladie, ce qui représente un taux de létalité inférieur à 17 %. Une proportion que les autorités sanitaires jugent cohérente avec les caractéristiques de la souche Bundibugyo, réputée moins meurtrière que la souche Zaïre.

Les données présentées montrent également que 233 personnes sont actuellement prises en charge dans différentes structures sanitaires. Certaines sont placées en isolement dans l’attente de la confirmation de leur statut, tandis que d’autres bénéficient déjà d’un traitement adapté.

Sur le plan géographique, la maladie touche désormais 25 zones de santé, dont 17 en Ituri, 7 au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu. Les autorités soulignent toutefois que les capacités de surveillance et de diagnostic se sont considérablement renforcées au cours des dernières semaines.

Selon le ministre de la Santé, l’extension du réseau de laboratoires et l’utilisation de la méthode de dépistage RapidOne permettent désormais d’obtenir des résultats fiables en moins de vingt-quatre heures. Plus de 4.000 kits de dépistage ont été mis à disposition grâce à l’appui de l’Africa CDC et de plusieurs partenaires, tandis qu’un nouveau laboratoire a été installé à Mongwalu, en Ituri.

Cette amélioration des capacités techniques a permis de réduire fortement les incertitudes autour des cas suspects. « Les personnes prélevées sont désormais confirmées ou infirmées dans la même journée », a expliqué Roger Samuel Kamba.

La progression est également notable dans le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades. Le taux de traçage, qui n’était que de 9 % au début de l’épidémie, atteint aujourd’hui 55,5 %. Les autorités sanitaires ambitionnent désormais de franchir le seuil de 90 %, considéré comme essentiel pour interrompre les chaînes de transmission.

Parallèlement, de nouveaux centres de traitement Ebola ont été déployés et les dispositifs de protection destinés au personnel soignant renforcés. Le gouvernement assure disposer des équipements nécessaires pour poursuivre la prise en charge des patients et intensifier la lutte contre la propagation du virus dans les zones affectées.

Osée MABIALA

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