RDC : la LUCHA exige une enquête sur la répression violente du Sit-in de l’opposition

La Lutte pour le Changement (LUCHA) a vivement réagi aux événements survenus lors des manifestations organisées le 12 juin à Kinshasa contre le projet de changement de la Constitution. Dans un communiqué publié le même jour, le mouvement citoyen dénonce une répression ayant causé des pertes en vies humaines et interpelle directement le président Félix Tshisekedi sur l’avenir du débat constitutionnel.

Au cœur de sa déclaration, la LUCHA appelle le chef de l’État à clarifier sa position sur cette question. Le mouvement lui demande « d’annoncer publiquement et solennellement qu’il renonce à tout projet de changement de la Constitution et qu’il quittera le pouvoir à l’issue de son mandat en 2028, afin de préserver la stabilité, la concorde et l’unité nationale ».

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par des violences survenues lors de la mobilisation organisée contre une éventuelle révision de la loi fondamentale. Selon la LUCHA, la répression menée au cours de cette journée a fait deux morts et plusieurs blessés, dont certains par balles. Le mouvement cite également parmi les victimes plusieurs figures politiques engagées contre le projet de modification de la Constitution, notamment Martin Fayulu, Delly Sessanga, Ados Ndombasi et Jean-Marc Kabund.

Pour la LUCHA, ces événements traduisent un recul préoccupant des libertés démocratiques. « Ces faits constituent une atteinte grave au pluralisme politique et aux libertés démocratiques, contraires aux valeurs fondamentales de la démocratie », affirme-t-elle dans son communiqué.

Face à la gravité des faits dénoncés, le mouvement citoyen réclame l’ouverture d’investigations indépendantes. Il exige « l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, impartiale et transparente afin d’établir les responsabilités dans les tirs contre les manifestants, les arrestations arbitraires, les actes de vandalisme ainsi que les allégations de collaboration entre des agents de l’État et des groupes partisans ».

La LUCHA demande également la libération immédiate des personnes arrêtées au cours des manifestations, estimant que plusieurs interpellations ont été effectuées de manière arbitraire.

Le communiqué évoque par ailleurs des actes de vandalisme ayant visé certains sièges de partis politiques de l’opposition dans les environs du Palais du Peuple. Le mouvement fait également état d’images relayées sur les réseaux sociaux qui montreraient des éléments de la Police nationale congolaise opérant aux côtés de membres de la « Force du Progrès » lors d’interventions contre le siège de l’ECiDé. Des allégations que la LUCHA souhaite voir examinées dans le cadre de l’enquête qu’elle réclame.

Réaffirmant son opposition à toute initiative visant, selon elle, à prolonger le maintien au pouvoir en dehors des principes démocratiques, le mouvement considère que le recours à la force ne saurait se substituer au débat politique et citoyen.

La LUCHA remercie enfin les Congolais ayant participé à la mobilisation du 12 juin et les appelle à demeurer vigilants dans la défense de l’ordre constitutionnel et des principes démocratiques. Citant Patrice Lumumba, elle conclut : « Sans la lutte, vous n’obtiendrez rien. Ni aujourd’hui ni jamais. Seule la lutte libère ! »

Osée MABIALA

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