Quelques heures après les incidents survenus lors du sit-in de la Coalition 64 à Kinshasa, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) est sorti de son silence. Dans un communiqué rendu public vendredi 12 juin, le parti dénonce la répression de cette mobilisation citoyenne et réclame notamment l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences signalées.
Le PPRD affirme que cette manifestation, organisée autour de la défense de la Constitution, de la démocratie et de l’alternance politique, avait un caractère pacifique. Estimant que les événements enregistrés au cours de cette mobilisation constituent une menace pour l’exercice des droits civiques, le parti juge nécessaire que toute la lumière soit faite sur les circonstances des violences.
À ce titre, il exige « l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir toute la lumière sur les violences commises et d’identifier les responsabilités ». Le parti condamne également « tout recours abusif à la force contre des citoyens exerçant pacifiquement leurs droits constitutionnels », considérant que la gestion de cette manifestation soulève des interrogations quant au respect des libertés publiques.
Dans sa déclaration, le PPRD dit aussi saluer « la détermination et la maturité du peuple congolais dans la défense des valeurs démocratiques ». Il invite par ailleurs les Congolaises et les Congolais à demeurer « vigilants, unis et mobilisés dans le strict respect des principes républicains ».
Le communiqué revient également sur les faits survenus au cours du sit-in. Le parti dénonce « l’usage disproportionné de la force publique ainsi que les violences enregistrées lors de cette manifestation » et évoque des informations faisant état de tirs à balles réelles contre des manifestants ainsi que plusieurs personnalités politiques qui auraient été touchées lors des incidents.
Le PPRD déplore en outre les événements signalés au siège de l’ECIDE, où, selon le communiqué, « des pertes en vies humaines parmi les militants ainsi que plusieurs blessés ont été signalés ».
Autre sujet de préoccupation soulevé par le parti : l’implication présumée de groupes non habilités dans les violences enregistrées. Le communiqué condamne « toute implication présumée de groupes non habilités, notamment ceux se réclamant des « Forces du progrès », dans des actes de violence aux côtés des forces de l’ordre ». Selon le PPRD, de tels faits, s’ils étaient établis, constitueraient « une grave atteinte aux libertés publiques garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo ».
Au-delà des violences dénoncées, le parti estime que « la répression d’une mobilisation pacifique constitue une atteinte grave à l’exercice des droits démocratiques des citoyens » et appelle à la préservation des acquis de l’État de droit. Il rappelle également que « la Constitution n’est pas la propriété d’un individu ou d’un groupe politique, mais l’expression de la volonté souveraine du peuple congolais », réaffirmant son attachement à la paix, à la démocratie, au respect de la Constitution et à l’alternance politique.
Osée MABIALA