Processus de paix : Kinshasa se félicite d’une étape décisive après la signature par les FDLR d’un protocole de désarmement

Le gouvernement congolais estime avoir franchi une étape majeure dans la mise en œuvre du processus de paix avec le Rwanda. Réunies autour d’un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont accepté d’intégrer un mécanisme présenté par Kinshasa comme déterminant pour la stabilité de l’Est de la RDC.

La République démocratique du Congo estime avoir franchi une étape décisive dans le processus de paix engagé avec le Rwanda. Lors du Special Briefing Presse consacré à l’évolution du processus de paix, organisé mardi 28 juillet au Studio Maman Angebi de la RTNC, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, a annoncé que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont signé un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement.

Pour le gouvernement, cette signature marque un tournant dans la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de l’accord de paix conclu à Washington entre la RDC et le Rwanda sous la facilitation des États-Unis. Floribert Anzuluni a rappelé que cet accord, signé le 4 décembre 2025, prévoit des obligations réciproques : la RDC s’est engagée à neutraliser les FDLR, tandis que le Rwanda doit retirer ses troupes du territoire congolais. « Après un long processus, les FDLR ont signé un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement », a-t-il annoncé, voyant dans cette avancée la preuve de la volonté de Kinshasa de respecter ses engagements.

Le ministre a indiqué que les responsables politiques et militaires des FDLR participeront au processus avec leurs combattants. Celui-ci prévoit la dissolution progressive du mouvement, le retour volontaire de certains membres au Rwanda, tandis que d’autres pourront être accueillis dans un pays tiers. Les personnes poursuivies pour des crimes devront répondre devant les juridictions compétentes.

Pour accompagner cette démarche, le gouvernement mettra en place un comité de suivi réunissant des partenaires régionaux et internationaux. Avec l’appui du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCS), des outils de contrôle, notamment biométriques, seront déployés afin d’assurer le suivi des ex-combattants et d’empêcher toute reconstitution de groupes armés.

Floribert Anzuluni a toutefois précisé que les FDLR ont conditionné leur engagement à la sécurisation des sites de cantonnement et au caractère volontaire de leur retour, excluant tout rapatriement forcé. Il a également révélé qu’un pays tiers s’est déjà déclaré disposé à accueillir les combattants qui ne souhaiteront pas retourner au Rwanda.

Le ministre a, par ailleurs, indiqué que sur les six zones identifiées comme abritant des éléments des FDLR, cinq échappent au contrôle des Forces armées de la RDC et sont sous contrôle du Rwanda et de l’AFC/M23, ce qui constitue un défi supplémentaire pour la mise en œuvre du processus.

Réaffirmant la position de Kinshasa, Floribert Anzuluni a soutenu que la question des FDLR a longtemps été utilisée comme prétexte de la présence militaire rwandaise dans l’Est de la RDC. Selon lui, l’engagement du mouvement rebelle dans ce processus enlève progressivement cet argument et ouvre la voie à l’application complète des engagements de l’accord de Washington, notamment le retrait des troupes rwandaises.

Osée MABIALA

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