RDC : Les 7 exigences de « Sauvons la RDC » pour un dialogue national crédible et inclusif

Plateforme chère à l’ancien Président congolais Joseph Kabila, « Sauvons la RDC » se prononce enfin sur le dialogue national annoncé il y a quelques semaines par les prélats catholiques au sortir d’une audience avec le Président de la République Felix Tshisekedi. Le mouvement réaffirme sa foi en la négociation politique pour sortir l’État du gouffre.

Pour « Sauvons la RDC », la concertation entre la nation constitue un passage obligé. La structure rappelle l’efficacité des méthodes passées. « Durant la période où il avait la charge de l’État, le Président Joseph Kabila Kabange avait, avec succès, fait du dialogue un instrument essentiel de préservation de la paix », souligne la déclaration signée par Me Moïse Nyarugabo Muhizi, coordinateur du Secrétariat technique. Le mouvement cite notamment le Dialogue inter-congolais comme modèle de résolution pacifique des différends majeurs.

Cependant, le mouvement prévient qu’un rassemblement sous l’égide du pouvoir actuel reste inacceptable. « Monsieur Félix Tshisekedi ne peut pas être arbitre et garant d’un processus appelé à réconcilier les Congolais », tranche le communiqué. Sauvons la RDC conditionne ainsi toute participation à sept exigences majeures.

En premier lieu, l’opposition exige une véritable inclusivité et des mesures d’apaisement immédiates. La plateforme réclame l’arrêt des poursuites instrumentalisées. Elle exige « la levée des condamnations à mort fantaisistes et injustes, prononcées contre plusieurs leaders politiques », faisant directement référence aux lourdes peines frappant l’ancien président Joseph Kabila et d’autres figures de l’opposition. Le mouvement réclame également la libération des prisonniers d’opinion, le retour des exilés et la dissolution des milices politiques.

Deuxièmement, la plateforme exige une médiation neutre, conduite par une personnalité indépendante sous le patronage de l’ONU et de l’Union africaine. Troisièmement, « Sauvons la RDC » refuse un forum à Kinshasa et exige que les assises se tiennent dans un pays tiers pour garantir la sécurité des participants.

Quatrièmement, le cadre des discussions doit permettre d’aborder sans tabou les causes profondes du conflit, avec un ordre du jour arrêté de manière consensuelle. Cinquièmement, le mouvement exige le caractère souverain et contraignant des résolutions à venir. En découle la sixième exigence : l’abandon définitif de tout projet de révision ou de changement de la Constitution avant l’ouverture des travaux.

Septièmement, Sauvons la RDC conditionne son adhésion à la levée préalable de toutes les restrictions pesant sur les partis d’opposition, ainsi qu’au rétablissement d’un accès équitable aux médias d’État. Enfin, la huitième exigence porte sur la création d’un mécanisme international rigoureux de suivi et d’application des accords conclus.

Car au fond, l’enjeu dépasse la seule table des négociations. Face aux violences et à l’occupation de ses terres de l’Est, la RDC ne pourra briser l’engrenage du chaos qu’en scellant d’abord un pacte de vérité entre ses enfants. La reconquête de la cohésion nationale n’est pas un préalable théorique, mais l’arme ultime pour reconquérir la paix.

HRM

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