Processus de Doha : Patrick Muyaya dénonce « la poursuite des actions hostiles » du Rwanda et de l’AFC-M23

Dans le cadre des engagements diplomatiques pris sous l’égide du processus de Doha, le gouvernement de la République démocratique du Congo a procédé, entre le 6 et le 7 août, à la libération de quinze détenus remis au mouvement rebelle de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23).

S’exprimant sur le réseau social X, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a expliqué la portée stratégique et politique de cette décision : « Par cet acte, le gouvernement donne une traduction concrète de sa bonne foi et de sa détermination à honorer les engagements librement souscrits ».

Un appel strict à la réciprocité

Le porte-parole de l’Exécutif congolais a toutefois posé des conditions fermes pour la suite du processus de paix. Patrick Muyaya a rappelé que la pérennité de l’accord exigeait une attitude similaire du camp adverse : « La réussite du processus repose sur la mise en œuvre effective et réciproque des engagements pris par les parties ».

Au-delà de cette main tendue, le ministre s’est montré particulièrement incisif envers Kigali et les rebelles, dénonçant la dégradation du climat sécuritaire. Il a martelé : « Dans le même temps, il [le gouvernement] condamne avec la plus grande fermeté les violations du cessez-le-feu et des engagements convenus, ainsi que la poursuite des actions hostiles du Rwanda et de l’AFC/M23, qui entravent la mise en œuvre du processus et en éprouvent la crédibilité ».

Transfert humanitaire via l’Ouganda

Ces déclarations interviennent au lendemain de la publication d’un communiqué officiel actant le transfert des détenus. Selon ce document daté du 7 août 2026, la libération s’inscrit dans le cadre du Mécanisme de libération des prisonniers, protocole signé le 14 septembre 2025 lors des négociations menées au Qatar.

L’opération humanitaire a été facilitée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en qualité d’intermédiaire neutre. Les personnes élargies ont été transportées depuis Beni jusqu’au territoire sous contrôle de l’AFC/M23, via un transit par l’Ouganda avec l’appui des autorités de Kampala. Le texte souligne que la démarche s’est effectuée avec le consentement des intéressés, dans le strict respect de leur dignité et des impératifs sanitaires et sécuritaires.

Négociations et vérification sur le terrain

Cette mesure de confiance vise à préparer la négociation des six protocoles restants, indispensables à la signature d’un Accord de paix global. Pour pallier la persistance des affrontements, Kinshasa réclame l’opérationnalisation effective du Mécanisme renforcé de vérification (MCVE+), afin que des experts indépendants puissent constater impartialement les violations alléguées du cessez-le-feu.

Tout en saluant la facilitation humanitaire du CICR et l’appui logistique de l’Ouganda, le gouvernement congolais a réaffirmé son attachement au processus de paix, réitérant sa volonté d’exiger le respect strict de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.

Remy NSIMBA

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