La RDC lance la cartographie censitaire, première étape opérationnelle de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2). L’annonce a été faite lundi 28 septembre à Kinshasa par le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.

« Aujourd’hui, nous sommes dans la deuxième phase de ce processus où l’essentiel est constitué de la cartographie censitaire », a expliqué Guylain Nyembo.
Cette opération consiste à parcourir les zones ciblées afin d’identifier les habitats, les immeubles et les ménages, mais aussi à délimiter les aires dans lesquelles interviendront les futurs agents recenseurs. « L’idée ici, c’est de récolter tous les habitats, et tous les immeubles habités ou non habités », a précisé le ministre.
À ce stade, 130 735 aires de dénombrement provisoires ont été établies. La cartographie doit permettre de confirmer ou d’ajuster ce découpage avant le dénombrement proprement dit. À Kinshasa, les équipes ont été formées et équipées, tandis que les préparatifs se poursuivent dans les provinces.
Sur le plan financier, Guylain Nyembo affirme que le volet budgétaire lié au recrutement des cartographes est désormais réglé. Les dernières formalités administratives sont en cours. Le coût global annoncé pour le RGPH2 s’élève à 192 millions de dollars américains.
Le calendrier présenté prévoit ensuite le recrutement et la préparation des agents recenseurs, un dénombrement pilote, puis le dénombrement général en juillet 2027. L’analyse des données et leur publication interviendront après cette opération.
Le gouvernement dit également avoir prévu des mécanismes pour les zones confrontées à des difficultés d’accès ou à l’insécurité. « Nous travaillons sur les mêmes mécanismes qui ont conduit à la réalisation de l’Examen d’État à l’Est », a indiqué Nyembo, évoquant aussi le recours à la technologie lorsque le déploiement physique sera difficile.
Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la distinction entre le recensement, l’identification et les opérations électorales. Il présente le RGPH2 comme une opération « scientifique, apolitique et anonyme », avec des données à caractère confidentiel.
Au-delà de la production statistique, l’objectif affiché est de disposer d’une base fiable pour orienter les politiques publiques. « Pour que je sois mieux pris en charge, il faut que je sois recensé », a résumé Guylain Nyembo, citant notamment la planification des écoles, des infrastructures et des services de santé.
Alors que la RDC n’a plus organisé de recensement général depuis 1984, le ministre appelle les ménages, les autorités locales, les chefs coutumiers, les responsables religieux et les médias à accompagner le processus. « Tout le monde doit se sentir concerné », a-t-il insisté.
Osée MABIALA