Le dossier de la succession du sénateur Omba Pene Ndjunga Rimang s’est invité dans l’arène publique, jetant maladroitement en pâture l’honneur d’un magistrat. Si les accusations d’instrumentalisation de la justice ont saturé l’espace numérique, une mise au point partagée hier dimanche 3 mai, vient aujourd’hui briser ce récit à sens unique. Entre impératifs de préservation patrimoniale et respect des ayants droit, la réalité de cette affaire apparaît bien plus nuancée qu’une simple chronique judiciaire de corruption.
Président du tribunal de grande instance faisant fonction du juge au tribunal de commerce Matete, Biselenge Motomungu Ruffin, cible d’une campagne le présentant comme un administrateur « tout-puissant » et arbitraire, trouve un appui solide dans les faits et le droit. Un communiqué officiel, signé par Madame Marie Omba Djunga, héritière légitime du défunt sénateur, oppose une fin de non-recevoir aux attaques dirigées contre la gestion actuelle de la société GICO.
Le communiqué met en garde contre les raccourcis des plateformes numériques. Madame Marie Omba Djunga fustige « la diffusion sur les réseaux sociaux d’informations partielles, orientées et juridiquement incomplètes ». Selon elle, ce récit procède d’une stratégie de désinformation visant à discréditer l’administration provisoire sans en exposer les fondements légaux.
Elle martèle que présenter l’administrateur comme un agent agissant contre la justice « constitue une présentation trompeuse du dossier ». En réalité, la désignation d’un administrateur répond à des impératifs de sauvegarde incontournables dans une succession de cette envergure, surtout lorsque les intérêts des héritiers divergent.
Une complexité juridique occultée
La mise au point insiste sur la nécessité de protéger l’ensemble des ayants droit. Madame Omba Djunga réfute l’idée d’une gestion arbitraire et rappelle l’existence de « contestations judiciaires, les droits de la conjointe survivante, des héritiers issus du mariage ainsi que les obligations légales de préservation patrimoniale ».
Elle souligne que le dossier ne se réduit pas à un affrontement entre un magistrat et une famille, mais à un arbitrage complexe entre plusieurs branches héritières. Dans ce contexte, l’administration provisoire apparaît comme un mécanisme de neutralité, empêchant la dilapidation des actifs avant le partage définitif.
Le refus du lynchage public
Face à l’emballement numérique, le communiqué appelle à la retenue et au respect de la sérénité judiciaire. L’héritière déplore « que des intérêts privés et des interprétations unilatérales cherchent à instrumentaliser les réseaux sociaux autour de procédures judiciaires complexes encore pendantes ».
Elle exclut toute résolution de ce litige par la voie de l’opinion publique, affirmant que « le règlement de dossiers judiciaires complexes ne saurait être jugé sur la place publique ni voir les réseaux sociaux transformés en tribunal médiatique ». Madame Omba Djunga annonce enfin la saisine des relais médiatiques concernés, rappelant que seule la justice, et non la rumeur, a vocation à clore ce chapitre successoral.
MATSHI Darnell