Le MLC riposte et accuse le FCC d’être un « valet des intérêts rwandais »

La guerre des communiqués s’intensifie sur l’échiquier politique congolais. Après des insinuations qualifiées de « malveillantes » visant son président, Jean-Pierre Bemba, le Mouvement de Libération du Congo (MLC) a répliqué avec fermeté. Dans un communiqué signé ce 13 mars par son secrétaire général, Fidèle Babala Wandu, le parti de l’ancien vice-président congolais fustige le Front Commun pour le Congo (FCC), l’accusant d’être un « valet d’intérêts rwandais » et d’avoir instauré un régime de prédation sous l’ère de Joseph Kabila.

Dans sa riposte, le MLC déroule une litanie d’accusations contre l’ancien régime : corruption massive, atteintes aux droits humains, détournements de fonds publics et même profanation de lieux de culte. Le parti de Bemba revient notamment sur les scandales financiers des « Panama Papers », la gestion opaque des actifs miniers et l’affaire de la BGFI Bank, impliquant plus de 300 sociétés écrans.

« Le MLC n’acceptera aucune leçon du PPRD », assène le parti, rappelant que ce dernier est l’héritier de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), mouvement qui a porté Laurent-Désiré Kabila au pouvoir avec le soutien du Rwanda. Une référence qui n’est pas anodine, tant les liens entre le Rwanda et certains acteurs politiques congolais continuent de susciter des tensions.

Le MLC va plus loin en exhortant le FCC à « saisir cette opportunité pour rompre définitivement les liens de subordination instaurés par Joseph Kabila ». Le ton est sans équivoque : l’ancien président est qualifié d’« usurpateur », sa nationalité congolaise étant même mise en doute à la suite de récentes révélations.

Cette attaque frontale intervient alors que le MLC cherche à défendre le bilan de son leader, aujourd’hui vice-Premier ministre en charge des Transports. En réponse aux critiques du FCC sur son action gouvernementale, le parti met en avant plusieurs réalisations sous la direction de Bemba, notamment la relance du transport aérien et ferroviaire, ainsi que le développement des infrastructures portuaires.

Alors que le MLC se présente comme le défenseur des intérêts congolais, cette passe d’armes verbale rappelle que le parti fut, à ses origines, un mouvement politico-militaire soutenu par l’Ouganda. Aujourd’hui, il demeure un acteur clé des luttes de pouvoir en RDC. Bien plus, en tant qu’un des grands partis, le MLC a un rôle à jouer dans la construction de la paix et de l’unité nationale. Pourtant, les tensions actuelles révèlent des fractures profondes qui soulignent la complexité du chemin vers la réconciliation.

Osée MABIALA

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