Ituri : un nouveau dialogue s’ouvre à Aru entre groupes armés et autorités congolaises, sous l’égide de la MONUSCO

À Aru-centre, à 260 kilomètres de Bunia, l’heure est à la recherche de la paix. Ce lundi 23 juin 2025, un nouveau cycle de discussions s’est ouvert entre les groupes armés et les autorités congolaises, avec l’appui actif de la MONUSCO. Dénommée Aru2, cette conférence de cinq jours réunit chefs de milices, acteurs de la société civile, représentants communautaires et autorités civiles, militaires et policières.

L’objectif est clair : mettre fin à des années de violences dans la province de l’Ituri, théâtre d’un conflit ayant causé des milliers de morts et déplacé plus d’1,5 million de personnes.

Ce forum s’inscrit dans la continuité d’un précédent dialogue organisé du 26 mai au 3 juin 2023, dans cette même localité. À l’époque, les principaux groupes armés – CODECO, ZAIRE, FRPI, FPIC, TCHINI YA TUNA et MAPI – avaient accepté de déposer les armes. Si les affrontements n’ont pas totalement cessé depuis, Aru1 avait posé les bases d’un relatif apaisement dans plusieurs zones.

L’administrateur du territoire estimait alors qu’environ 60 % des déplacés avaient pu regagner leurs foyers. À Djugu, des marchés locaux avaient rouvert, et plusieurs axes routiers stratégiques – dont Fataki–Masumboko et Iga-Barrière–Fataki – étaient redevenus accessibles. Même la circulation entre Nizi et Mongwalu avait timidement repris, malgré des menaces persistantes.

Firmin Kone Massagnou, de la Section des affaires civiles de la MONUSCO en Ituri, parle aujourd’hui d’« un demi-succès », mais se félicite que « un pas réel ait été franchi dans la stabilisation de la province ».

Lors de Aru2, les attentes sont à la hauteur des espoirs suscités. Les discussions doivent permettre de dresser un bilan du processus précédent, de relancer la dynamique de paix, mais surtout de formaliser un nouvel acte d’engagement, plus contraignant, en vue de la cessation effective des hostilités.

Acteur engagé de la société civile, Jean-Marie Ezadri insiste sur l’importance d’un ancrage local : « Les leaders communautaires doivent se mobiliser pour convaincre les miliciens à rejoindre le PDDRC-S », déclare-t-il, rappelant que « l’instabilité que connaît l’Ituri depuis 2017 est un frein majeur à son développement ».

Même ton chez Sarah Muderwa, coordonnatrice de l’ONG Synergie des jeunes filles de l’Ituri. Pour elle, il est essentiel que ce processus débouche aussi sur la fin des violences faites aux femmes : « Trop de jeunes filles et de femmes continuent de subir les pires exactions dans l’indifférence générale », déplore-t-elle.

Autre enjeu : le retour de l’autorité de l’État dans les entités abandonnées. Le redéploiement des chefs de secteurs, groupements et villages est vu comme un impératif pour asseoir la paix sur des bases solides.

Présent à l’ouverture, le général Antoine David Mushimba, commandant de la 32e région militaire, a lancé un appel aux jeunes miliciens : « Répondez favorablement à la main tendue du Chef de l’État. Œuvrez à la construction d’une paix durable dans cette province trop longtemps meurtrie ».

La MONUSCO, quant à elle, assure qu’elle restera engagée aux côtés des autorités congolaises pour accompagner les communautés dans leur quête de stabilité et de réconciliation durable.

Précieuse PETU

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