RDC-Budget 2026 : Avocat des plus démunis, Mgr Fumumapanda dénonce les coupes budgétaires et l’oubli de l’arrière-pays

Lors de l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2026, le député Mgr Zephyrin Fumumapanda, élu de la circonscription de Gungu dans la province du Kwilu, s’est fait l’écho des préoccupations des populations les plus vulnérables et de l’arrière-pays. Dans une intervention à la fois pragmatique et alarmée, il a dénoncé des réductions budgétaires jugées préjudiciables, notamment dans les secteurs clés de la formation professionnelle, de la santé et des affaires sociales, tout en attirant l’attention sur la situation des enseignants de l’intérieur et des députés provinciaux.

Formation professionnelle: un budget « insignifiant » face à la montée de la criminalité

La première alerte lancée par Mgr Fumumapanda concerne la baisse drastique du budget du ministère de la Formation professionnelle, ramené à environ 107 milliards de francs congolais en 2026, contre près de 180 milliards en 2025. Une réduction qu’il juge alarmante. « Cette différence, ça me fait mal », a-t-il confié.

Pour l’élu de Gungu, ce ministère est pourtant « très important et très utile », car il est censé offrir des perspectives aux jeunes désœuvrés. Il établit un lien direct entre le manque d’opportunités de formation et la montée de la criminalité, évoquant les phénomènes des « Kuluna » et des « Mobondo », auxquels s’adonnent des jeunes livrés à eux-mêmes, sans espoir ni moyens de subsistance. Il a ainsi exhorté la plénière à reconsidérer cette coupe budgétaire, qualifiant le montant alloué d’« insignifiant ».

Santé et affaires sociales: des budgets en recul, des dons abandonnés

Le même constat s’applique au ministère de la Santé. Mgr Fumumapanda s’est étonné de la baisse des crédits alloués, alors que les centres de santé demeurent le seul recours pour les malades. À propos de la gratuité annoncée de la maternité, il a exprimé son désarroi: « C’est terrible. Mais sur le terrain, on ne voit absolument rien ».

Il a illustré ses propos par la situation dans plusieurs localités reculées: « Allez à Katakokombe, à Basankusu, à Bolomba ou à Tshikapa. Ce sont les patients eux-mêmes qui se prennent en charge. Parce qu’au niveau du gouvernement, l’argent ne sort pas ».

Le ministère des Affaires sociales et le Fonds National de Promotion et de Services Sociaux (FNPS) ont également été pointés du doigt. Outre la réduction budgétaire, Mgr Fumumapanda a dénoncé un dysfonctionnement lié à l’exonération douanière. Il a révélé que des dons de médicaments et de matériel hospitalier envoyés par les États-Unis « traînent à Boma et Matadi » et sont « déjà périmés » ou en passe de l’être, faute d’une exonération délivrée à temps par le ministère des Finances. Il a plaidé pour une recommandation claire permettant d’accorder sans délai ces exonérations aux ASBL et entreprises publiques éligibles.

Enseignants de l’intérieur et députés provinciaux: le cri d’alarme

Abordant la situation des enseignants, Mgr Fumumapanda a dénoncé les souffrances endurées par ceux de l’intérieur du pays. L’absence de banques nationales et la domination des établissements étrangers contraignent les fonctionnaires à de longs et coûteux déplacements pour percevoir leur salaire. « Les enseignants viennent dans les villes pour attendre de l’argent pendant deux ou trois mois, parfois trois semaines », a-t-il déploré. Il a demandé la création d’une commission d’enquête et de suivi pour garantir que les fonds quittant la Banque centrale atteignent effectivement les bénéficiaires.

Il a également plaidé pour une ligne budgétaire spécifique en faveur des députés provinciaux, estimant que leur précarité financière alimente les nombreuses motions de censure contre les gouverneurs. Il a rappelé qu’au Kwilu, certains députés provinciaux ont été agressés au ministère provincial des Finances, ce qui justifie, selon lui, une meilleure prise en charge de ces élus.

Mgr Fumumapanda s’est ainsi affirmé comme le porte-voix des oubliés du budget 2026, appelant à un rééquilibrage en faveur des secteurs sociaux et des populations de l’intérieur.

Hugo Robert MABIALA

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