Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales (CCFPS) a exprimé sa « profonde préoccupation » après la chute récente de la ville d’Uvira, passée sous le contrôle de la coalition AFC/M23 à l’issue d’affrontements avec les forces loyalistes et leurs alliés. Cette dégradation sécuritaire, survenue au lendemain de la signature d’accords « qualifiés d’historiques » entre le gouvernement congolais, le Rwanda et les États-Unis, « démontre l’inanité de ces engagements et l’incapacité du régime à protéger la Nation », selon le communiqué.
Une catastrophe « évitable »
Pour le CCFPS, le drame humain et l’effondrement sécuritaire « auraient pu être limités » si le Président de la République et son gouvernement avaient fait preuve de « lucidité, d’humilité et d’un sens élevé de l’État ». Le Cadre dénonce des « erreurs d’analyse, la personnalisation du pouvoir et l’improvisation permanente » qui ont transformé la crise en une « véritable catastrophe nationale ». Et d’asséner: « Le peuple congolais paie aujourd’hui, dans sa chair, les conséquences d’une gouvernance défaillante et désordonnée ».
Condamnation du « réflexe américain »
Le CCFPS critique vivement le recours « répétitif à des appels extérieurs », notamment à l’endroit du président américain Donald Trump. Il rappelle que « le président Donald Trump n’a pas été élu par le peuple congolais et n’assume aucune obligation envers la souveraineté de la RDC ».
Cette dépendance traduit, selon lui, une « absence d’orientation claire et un renoncement aux prérogatives régaliennes du Président Tshisekedi ». Il insiste sur le fait que la « protection du territoire, la conduite de la guerre et la recherche d’une solution politique durable relèvent exclusivement des prérogatives constitutionnelles du président de la République ».
Le Cadre met en garde contre cette « fuite en avant politique », soulignant que plusieurs médiations américaines à travers le monde « n’ont produit aucune paix durable ».
Appel à la responsabilité
Face à cette situation, le CCFPS appelle le Président Tshisekedi à « renoncer aux lamentations diplomatiques et à prendre toute la mesure de la fonction qu’il occupe », en adoptant une posture « fondée sur la responsabilité, la cohérence et l’unité nationale, plutôt que sur une dépendance excessive à l’égard des chancelleries étrangères ».
L’organisation souligne par ailleurs l’inefficacité des pourparlers en cours à Doha entre le gouvernement et la coalition AFC/M23, en raison de la « simultanéité des négociations et de la recrudescence des combats ».
Dans un contexte où l’intégrité territoriale est mise à rude épreuve, le CCFPS exhorte les autorités à cesser de chercher des garants à l’étranger et à puiser dans la volonté souveraine du peuple congolais la force de reconstruire une paix durable, par et pour les Congolais.
HRM