Urgence de la mobilité à Kinshasa : John Dibenga propose une boussole pour concilier autorité de l’État et paix sociale (Lettre Ouverte au Chef de l’État)

La question des embouteillages n’a pas fini de faire couler encre et salive. Après l’annonce d’un durcissement des contrôles de véhicules par le Gouverneur de la ville, Daniel Bumba, les réactions se multiplient. Dans une lettre ouverte adressée au Chef de l’État, John Dibenga, expert en communication institutionnelle, offre une analyse fine des dynamiques sociales kinoises. Loin d’une simple critique, sa missive se veut une boussole stratégique : elle identifie les points de rupture imminents et formule des solutions pragmatiques pour concilier la restauration de l’ordre public avec la préservation de la paix sociale, pilier du mandat du Président Félix Tshisekedi. Lisez plutôt.

Kinshasa, le 23 janvier 2026

À Son Excellence Monsieur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, Chef de l’État

(Avec l’expression de mes hommages les plus déférents)

Objet : Note de plaidoyer pour une réforme apaisée de la mobilité urbaine à Kinshasa

Excellence Monsieur le Président,

C’est avec un profond sens du devoir civique et un attachement indéfectible à votre vision d’un Congo prospère que je prends la liberté de porter à votre haute attention une analyse critique des mesures annoncées par l’autorité urbaine de Kinshasa pour ce 26 janvier 2026.

Si la restauration de l’autorité de l’État sur nos routes est une nécessité régalienne, l’approche actuelle, essentiellement répressive et non coordonnée, risque de paralyser la capitale et de fragiliser la paix sociale au moment où la nation a besoin de cohésion.

I. Analyse des risques majeurs

  • Paralysie de la productivité : En l’absence d’une alternative de transport public robuste, le retrait massif des transporteurs privés face aux contrôles forcera des millions de Kinois à la marche. Ce ralentissement du flux humain impactera directement le rendement économique de la ville-province.
  • Incohérence fiscale : L’exigence de la vignette de l’exercice précédent en ce début d’année 2026 est perçue comme une « double peine ». Pour le citoyen, l’impôt doit correspondre à un service ou à une période de grâce permettant la régularisation.
  • Chaos infrastructurel : L’absence de synchronisation entre les multiples chantiers routiers et les zones de contrôle transforme la circulation en un calvaire. Le non-respect des normes techniques (signalisation, marquage) et sécuritaires (éclairage) aggrave la situation. Vouloir appliquer une rigueur de contrôle sur des axes où la circulation est déjà entravée par les travaux crée une frustration collective dangereuse.
  • Décalage économique : La grille tarifaire imposée ne reflète plus la réalité des charges (carburant, maintenance, pièces de rechange). Ignorer cette structure de coût, c’est condamner le secteur privé du transport à la faillite.

II. Propositions pour une transition constructive

Afin d’éviter une rupture de confiance, je soumets à votre haute sagesse les pistes suivantes :

  • L’instauration d’un moratoire de 90 jours : Transformer la répression immédiate en une « Phase de Sensibilisation » où les agents de l’ordre orientent les conducteurs vers la régularisation sans sanctions punitives.
  • La suspension des contrôles sur les axes en chantier : Prioriser la fluidité du trafic sur les artères déjà étranglées par les travaux de modernisation.
  • La création d’un Think-Tank de mobilité urbaine : Instituer une cellule d’experts pluridisciplinaires pour réévaluer la politique des transports et l’impact social des infrastructures avant toute décision majeure.
  • Le lancement d’une campagne fiscale unifiée : Clarifier les attentes pour l’exercice 2026 afin d’éviter le harcèlement administratif lié aux exercices clos.

Monsieur le Président,

Votre mandat est placé sous le signe de l’amélioration du social des Congolais. Une réforme qui brusque sans accompagner va à l’encontre de cet idéal. En privilégiant le dialogue, l’autorité urbaine pourra atteindre ses objectifs de civisme sans sacrifier la survie quotidienne du peuple Kinois.

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de mes hommages les plus déférents.

John DIBENGA, Analyste Social,
Expert en Communication Institutionnelle

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