RDC : Jacques Djoli qualifie les accords de Washington de « bouclier de notre existence »

Au cœur d’un débat académique sur la paix et la résilience, la question des accords internationaux de la RDC s’invite désormais sur le terrain institutionnel. Intervenant jeudi à l’Université Pédagogique Nationale, le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli Eseng’ekeli, a plaidé pour une implication décisive du Parlement dans le processus de ratification des accords conclus avec le Rwanda et les États-Unis.

Au centre de son propos : un appel sans détour à soutenir l’initiative du chef de l’État. « Que le Parlement puisse autoriser le président Tshisekedi à ratifier ces accords, bouclier de notre existence », a-t-il déclaré, inscrivant ainsi ces engagements diplomatiques dans une logique de survie stratégique pour la RDC.

Enjeu institutionnel : le Parlement face à la ratification

L’intervention de Jacques Djoli place au premier plan le rôle du pouvoir législatif dans un dossier hautement sensible. En sollicitant l’autorisation parlementaire pour la ratification par le président Félix Tshisekedi, il repositionne l’Assemblée nationale comme acteur clé dans l’orientation diplomatique du pays.

Ce positionnement renforce l’idée que ces accords dépassent le simple cadre diplomatique pour devenir un enjeu de souveraineté validé par les institutions nationales.

Les accords comme levier de refondation de l’État

Développant le sous-thème de la diplomatie parlementaire, le professeur Djoli a présenté les accords RDC–Rwanda, Doha et RDC–États-Unis comme une « trilogie de la refondation stratégique de la RDC ».

Selon lui, ces engagements s’inscrivent dans une dynamique de repositionnement global du pays, visant à sortir d’un cycle prolongé de crises sécuritaires et politiques, en reconstruisant ses alliances et ses leviers d’influence.

Réponse aux conflits et à l’économie de guerre

Dans un contexte marqué par des décennies de conflits, particulièrement à l’Est, ces accords sont également présentés comme une réponse aux logiques de déstabilisation liées à l’exploitation illicite des ressources naturelles.

Jacques Djoli a rappelé que « l’accord précise clairement que son objectif majeur est d’éliminer progressivement les activités illicites liées à l’extraction, au commerce, à la circulation et à la transformation des ressources minérales qui compromettent la paix, la sécurité et la bonne gouvernance dans la region ».

Le réalisme des rapports de force internationaux

L’analyse du rapporteur de l’Assemblée nationale s’appuie sur une lecture réaliste des relations internationales. Il a dressé un tableau d’un système mondial dominé par les rapports de force, loin des idéaux du droit international.

« Le droit international est aujourd hui un plancher pourri ou prospère un système international anarchique voire hiérarchique. C’est le droit du plus fort. La Russie frappe l’Ukraine, les États-Unis agissent au Venezuela, l’Israël frappe au Liban, les USA et Israël frappent l’Iran. En somme, les États rationnels agissent pour maximiser leurs intérêts et leur sécurité, en développant leurs puissances. Ce sont les rapports de force qui fixent les règles de jeu. C’est la théorie réaliste de relations internationales », a-t-il expliqué.

Repenser le discours stratégique de la RDC

Jacques Djoli a également mis en avant la nécessité pour la RDC de changer son narratif sur la scène internationale. Il a évoqué la démarche du président Tshisekedi visant à « déconstruire le prétexte rwandais » et à mettre en lumière les mécanismes de déstabilisation liés aux ressources naturelles.

Une approche qui, selon lui, participe à corriger ce qu’il qualifie de déficit de pensée stratégique, voire de « désarmement cognitif ».

À travers cette intervention, Jacques Djoli Eseng’ekeli inscrit le débat sur les accords internationaux dans une perspective plus large : celle d’un État en quête de sécurité, de cohérence stratégique et de repositionnement sur l’échiquier international, avec en ligne de mire une validation politique attendue du Parlement.

Osée MABIALA

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