RDC : Guillaume Ngefa ordonne des poursuites après les critiques contre le Chef de l’État

La conférence de presse du Président Félix Tshisekedi, tenue le 6 mai dernier, a déclenché une vague de réactions au sein de l’opinion publique congolaise. Aux yeux des autorités, sur la toile, ce débat citoyen a rapidement viré à des échanges d’une rare virulence. Face à cette effervescence numérique, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a décidé de passer à l’offensive.

Dans un communiqué officiel, il dénonce des comportements qu’il juge incompatibles avec la liberté d’expression et insiste sur la nécessité de protéger l’institution présidentielle, dont l’image aurait été écornée par des publications considérées comme attentatoires à l’autorité de l’État.

Pour y mettre fin, Ngefa affirme avoir « donné injonction aux autorités judiciaires compétentes de procéder à la mise en mouvement immédiate et systématique de l’action publique ». Cette décision traduit la volonté du gouvernement d’endiguer la propagation de contenus jugés séditieux sur les réseaux sociaux.

L’action annoncée ne se limitera pas aux frontières nationales. Le ministre cible explicitement l’anonymat et l’éloignement géographique que permet Internet. Selon lui, l’objectif est d’aboutir « à l’identification technique, numérique et judiciaire des auteurs des publications incriminées, y compris ceux opérant depuis l’étranger ».

Le ministère rappelle enfin que le Président de la République bénéficie d’une « protection juridique renforcée » en sa qualité de garant de la Constitution et de l’unité nationale.

Ce n’est pas la première fois que l’exécutif recourt à la menace de poursuites judiciaires pour défendre ses institutions. Il y a quelques semaines, un communiqué du gouvernement avait déjà averti qu’il engagerait des actions contre ceux qui s’attaquaient à la Première ministre Judith Suminwa, après son passage sur TV5 où elle avait abordé la question des migrants américains installés sur le territoire congolais.

Cette offensive judiciaire soulève une question cruciale : dans un espace numérique où les critiques circulent librement et échappent au contrôle, la volonté de traquer leurs auteurs risque de se heurter à des limites pratiques. Plus encore, une telle opération pourrait fragiliser l’un des piliers essentiels de la démocratie : la liberté d’expression.

Remy NSIMBA

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