La justice congolaise est malade comme!, déplorait le Président de la République Félix Tshisekedi. Il a donc confié à Me Constant Mutamba, ministre d’Etat en charge de la Justice et Garde des Sceaux la lourde tâche d’y remédier. Cependant, les solutions qu’ils proposent et ses initiatives, notamment dans la traque des magistrats mafieux, ne sont pas vues d’un bon œil parmi les magistrats. Ceci a occasionné une joute médiatique entre le ministère de la Justice et ces derniers, entamant l’image déjà peu reluisante de cette justice.
Pour arrêter l’hémorragie, Dieudonné Kamuleta, président du Conseil Supérieur de la Magistrature, joue au sapeur-pompier, appelant à l’apaisement et à la retenue. Il juge ce «bras de fer» inacceptable. Kamuleta appelle les uns et les autres à éviter toute escalade de la situation. «Faisons en sorte que ce qui s’est fait, ne se reproduise pas de la même façon», a-t-il déclaré. L’homme a mis l’accent sur l’importance d’une résolution pacifique et constructive des différends.
«Vous n’êtes pas n’importe qui…»
Il a rappelé aux magistrats la nécessité de respecter les procédures établies pour régler les problèmes, en s’adressant aux autorités compétentes. Pour lui, il serait légitime pour les magistrats de se rapprocher des autorités pour clarifier les malentendus, surtout si le prestige de la magistrature a été mis en cause. Prudent, Kamuleta a mis en garde contre les interprétations précipitées. «Parfois un mot peut être sujet à l’incompréhension et faire croire à l’inimitié», a-t-il fait remarquer.
Il a insisté sur la responsabilité des magistrats, y compris ceux engagés dans des activités syndicales. Il leur a demandé de s’abstenir de toute prise de position publique, en particulier via les réseaux sociaux, qui pourrait compromettre la magistrature. «Vous n’êtes pas n’importe qui», a-t-il tonné, martelant sur le rôle crucial des magistrats dans le maintien de l’ordre et de la justice.
Osée Mabiala