Accord préliminaire entre la RDC et FMI: USD 2,87 milliards, possible bouffée d’oxygène pour la résilience économique et climatique

La République démocratique du Congo et le Fonds monétaire international (FMI) ont scellé un accord préliminaire ambitieux d’une valeur de USD 2,87 milliards dans le cadre du renforcement de la résilience économique et climatique du pays. Cet accord annoncé après des discussions menées à Kinshasa du 31 octobre au 13 novembre 2024, reste encore soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI. À ce stade, les déclarations des équipes du FMI reflètent des conclusions provisoires et ne représentent pas nécessairement les vues officielles du FMI.

Deux programmes pour transformer l’économie congolaise

Les USD 2,87 milliards sont répartis entre deux programmes distincts, mais complémentaires. Le programme sous la Facilité élargie de crédit (FEC), d’un montant de USD 1,77 milliard, est destiné à «favoriser une croissance forte et inclusive, accélérer la diversification économique, stimuler la création d’emplois et réduire la pauvreté», a expliqué Calixte Ahokpossi, chef de mission du FMI pour la RDC. Par ailleurs, un montant de 1,1 milliard de dollars sera alloué à un programme centré sur le climat, via la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), afin de soutenir la RDC dans sa vision de devenir un «pays solution» pour la transition écologique mondiale.

Une vision pour un avenir résilient et durable

Malgré les défis sécuritaires et sanitaires, le FMI estime que la croissance de la RDC devrait rester résiliente au-dessus de 5,0% pendant la période du programme. Cette projection est toutefois conditionnée par des politiques budgétaires rigoureuses et une meilleure coordination entre les autorités budgétaires et monétaires. «La mission du FMI et les autorités de la RDC sont parvenues à un accord préliminaire… sous réserve d’approbation par la Direction générale et le Conseil d’administration du FMI», a précisé M. Ahokpossi.

Modernisation de la gouvernance financière

L’accord met également l’accent sur le renforcement de la gouvernance et de la gestion des finances publiques, notamment à travers la création d’un compte unique du Trésor (CUT) et la décentralisation progressive de la gestion budgétaire. Le FMI préconise ainsi un «respect plus strict des procédures de la chaîne des dépenses publiques», dans le but d’améliorer l’efficacité des dépenses et de mieux délier le budget des fluctuations du secteur extractif.

La RDC, un «pays de solutions climatiques» en devenir

Dotée de ressources naturelles uniques, la RDC entend jouer un rôle stratégique dans la transition mondiale vers une économie décarbonée. À travers le programme soutenu par la FRD, les autorités congolaises sont encouragées à «protéger plus efficacement les forêts et à intégrer les considérations climatiques dans la gestion des investissements publics», pour positionner le pays comme un acteur majeur des solutions climatiques.

Des réformes pour un climat des affaires attractif

Pour libérer le potentiel économique de la RDC, le FMI recommande de renforcer la transparence, notamment dans le secteur extractif, et de poursuivre la digitalisation des services publics.

«Des progrès constants sur ces fronts sont essentiels pour libérer le potentiel du pays en vue d’une croissance économique forte, diversifiée, inclusive et durable», a souligné M. Ahokpossi.

Cet accord préliminaire avec le FMI ouvre une opportunité significative pour la RDC, qui, une fois validée, pourrait transformer son économie tout en consolidant sa résilience climatique.

Osée MABIALA

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