L’histoire politique Congolaise, fruit d’un compromis entre acteurs en présence, continue de faire parler d’elle, soit dans l’agir des dirigeants du pays, soit dans différentes prédications et prophéties livrées par cette catégorie d’hommes appelés serviteurs de l’Éternel. Quoique nous sommes tous appelés à la recherche des voies de solutions susceptibles d’apporter une paix durable avant tout entre les filles et fils de la RDC et ce, à l’aune d’une cohésion nationale retrouvée et par la suite, entre les pays de la sous-région des Grands lacs, en vue de booster un réel développement africain et l’émergence d’une nouvelle idée du panafricanisme.
Cependant, le modèle politique souligné ci- haut, axé sur le développement intégral du sous-continent africain n’est pas encore dans notre ADN en RDC où du reste les priorités sont autres et ailleurs.
Dans un contexte socio-économique et sécuritaire particulièrement difficile, les acteurs politiques membres de la majorité présidentielle ont décidé de soutenir le changement ou la révision de constitution qui est en vigueur dans le pays depuis février 2006. Pour ce faire, le Président de la République a promis de mettre en place une commission ad hoc chargée de réfléchir sur les réformes constitutionnelles.
Bien évidemment, la problématique du changement ou de la révision de notre loi fondamentale ouvre un large corridor dans lequel certaines langues et voix, aussi bien au sein de ladite majorité qu’ailleurs, se lèvent, parfois en sourdine, pour s’opposer à l’initiative du Chef de l’État quand bien même celle-ci est constitutionnellement prévue au terme de la disposition qui règle la question.
L’église catholique, la Commission d’Intégrité et Médiation Électorale (CIME), l’Opposition (qui a tendance à s’unifier) et certains acteurs de la Société civile, prennent tous part au débat suscité par cette initiative de réformes constitutionnelles. Pour les uns, il est inopportun de parler du changement de la constitution en cette période d’agression et pour d’autres, le Président de la République chercherait, par cette approche politique, à obtenir un troisième mandat.
Je note dans le cadre de mon récit certains faits qu’il est essentiel de relever. A titre d’exemple, la CIME dans sa récente déclaration à restituer les faits dans son contexte originel où en 2015, les scientifiques congolais de tout genre et l’élite enseignante avaient porté, sans ambages, des propos sur la valeur et la probité constitutionnelle de notre constitution au regard de l’histoire politique de notre pays. S’opposant à l’initiative de sa révision, tous nous avaient déclaré qu’elle est et était la meilleure.
J’accepte que l’église catholique a évolué dans son regard politique en laissant le Président de la République amorcer la révision qui est une disposition constitutionnelle.
Rappelons que ce pacte républicain est le fruit d’un large consensus entre les chefs de guerre d’hier et le gouvernement voire la société civile, où il faut aussi noter qu’aucune partie prenante dans le cadre de son élaboration n’a voulu donner à l’autre une forte puissance ou un grand pouvoir dans une disposition constitutionnelle.
C’est dans ce contexte que l’on trouve, le Président de la République est surveillé par le Congrès en cas de trahison, le Premier ministre par l’Assemblée nationale pour une faute grave et l’Assemblée nationale par le chef de l’État qui peut la dissoudre. Bref, le pouvoir arrête le pouvoir. Changer la Constitution serait la plus belle manière d’oublier Sun city.
Il ne serait pas superflu de signaler que la RDC a déjà connu son lot des martyrs, justifiant que le peuple a toujours sa place dans l’arène politique. Il nous faut donc rappeler, dans cette tribune, ceux qui nous ont quittés à cause de leur engagement. Il s’agit notamment des Martyres de l’indépendance en Janvier 1960, des Martyres de la sauvegarde de la Constitution en Septembre 2016, des Martyres de l’alternance politique en Janvier 2019. Si l’on ne prête pas attention, nous aurons, peut-être dans un futur proche, des Martyres du changement de la constitution en 2025.
C’est ici qu’il faut rappeler à tous ce que nous avions souligné après le divorce CACH et FCC que le Président de la République devait réviser la constitution en 2020, aujourd’hui le temps est devenu suspect.

C’est dans l’état d’esprit de mon récit politique de 2025 que se situe l’épineuse question du jeu d’alliance en RDC.
Sans prétention aucune de détenir le monopole de la pensée, les prévisions politiques en RDC conduisent à l’évidence suivante: Le probable nouveau mariage, au sein de cette opposition non structurée, entre FCC et Lamuka où l’on sait déjà que la communication radicale du député honoraire Fayulu a été adaptée au contexte politique de l’heure, où la recherche de la sagesse dans la cohésion et le processus de Kinshasa sont des atouts d’une nouvelle forme de table ronde, avait-il dit. Il n’était donc pas anodin de voir à une occasion festive à Kinshasa, deux anciens candidats à la présidentielle de 2018, partagés les idées de la mise en œuvre d »un nouveau front politique.
Cette sortie médiatique a redonné au PPRD un nouveau souffle où juste après, Joseph Kabila, sénateur à vie, et Moïse Katumbi se retrouvent pour la deuxième fois après la rencontre au Katanga. Il va sans dire que l’honorable Matata dont le dossier judiciaire n’a pas encore connu une suite favorable à son endroit devrait avoir une attention particulière à renouer plus avec son ancien autorité morale Joseph Kabila que de rester dans l’ombre de Katumbi.
Après que Lubaya, originaire du Kasaï, a été reçu par le nouveau fédérateur de l’opposition politique, à l’instar des œuvres faites par feu Étienne Tshisekedi en son temps. Le député honoraire Delly Sesanga ne devrait également rejoindre le bateau.
« Si l’opposition s’organise, la majorité présidentielle, quant à elle devra s’attendre à perdre certains hommes forts. »
La récente déclaration du Chef de l’Etat à l’endroit de ses sociétaires en dit long, «OSEPELI TE TOKABUANA». Dans le cadre de cette tribune que je veux objective à tous égards, je note que les enfants du Kivu, Kamerhe et Bahati, honorables de leurs états, sont livrés à eux-mêmes et devront faire un choix, celui de l’alternance politique en 2028 ou de la continuité du pouvoir. Les indiscrétions parvenues à notre muse laissent transpirer qu’ils vont quitter le navire à un moment inattendu.
Le Président de la République devra donc, comme en 2015, lorsque Kabila avait perdu l’association de ses métis politiques, comprendre qu’il est plus que temps d’avoir autour de soi des bons analystes. J’ai tout dit mais je n’ai pas parlé du retour de Jean Marc Kabund. Il se pourrait qu’il soit ministre du gouvernement et peut-être même le dauphin.
« Bemba sait qu’il ne devrait plus placer son argent acquis dans la lutte politique dans une élection présidentielle »
Par ailleurs, vous aurez constaté avec moi que les cas des leaders de la plateforme de l’USN tels que Bemba, Mboso et Sama n’ont pas été évoqués et ce, pour des raisons évidentes. Tenez. Le vice-président de la République honoraire Bemba sait qu’il ne devrait plus placer son argent acquis dans la lutte politique dans une élection présidentielle. Il va donc se contenter de mise en place, soit dans le gouvernement ou au Sénat pour se faire encore une santé financière, étant donné que les Congolais, par une maturité prouvée, savent sur qui compter aujourd’hui.
Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, honorable Mboso ne devrait plus rien attendre de la chose publique. Comme l’avait dit l’honorable Nsingi, «la République lui a tout donné» mais en revanche lui n’a rien fait pour la RDC. Alors président de l’hémicycle, il a été incapable de nous brandir les noms des députés qui travailleraient avec l’ennemi pour maintenir l’insécurité à l’est du pays alors qu’il a déclaré ex cathedra qu’il les connaissait.
Quant au sénateur Sama, il faut retenir de lui que jeune au gouvernement sous Kabila, il avait démissionné lorsque ce dernier avait cherché à changer la Constitution. Aujourd’hui que le même problème revient avec Félix Tshisekedi, il reste tendre. Ce qui veut dire que sa carrière politique ne tient que de la volonté de son actuelle autorité morale.
«On ne négocie qu’avec ses adversaires jamais avec ses alliés», dixit Nicolas Sarkozy
A l’instar des évènements électoraux 2018, le Garant du bon fonctionnement des institutions pourrait trouver son dauphin, en dehors de sa propre famille politique. Il faut également noter que la guerre à l’Est qui, du reste, s’intensifie aux jours le jour, pourrait également avoir comme conséquence un jeu d’alliance. Mais dans notre lutte, aux travers de notre armée pour l’intégrité du pays, les forces obscures seront arrêtées et dévoilées sous peu à la face du monde et l’on saura dans les jours avenirs, en dehors du RWANDA quels sont les autres pays en conflit avec la RDC.
Pour sauver la RDC, il nous faut un sursaut patriotique axé sur la cohésion et un dialogue social pour la paix et la réconciliation nationale
Paupol DJAMANI
Libre penseur