Le Département du Trésor américain a annoncé, ce 20 février 2025 à Washington, l’imposition de sanctions contre James Kabarebe, ministre d’État rwandais à l’Intégration régionale, et Lawrence Kanyuka Kingston, porte-parole du Mouvement du 23 mars (M23). Ces sanctions visent à contrer leur implication dans l’instabilité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où le M23, soutenu par le Rwanda, intensifie ses opérations militaires.
James Kabarebe : un acteur clé du soutien au M23
Ancien général des Forces de défense rwandaises (RDF) et proche du président rwandais, James Kabarebe est accusé par Washington de jouer un rôle central dans le soutien logistique et stratégique au M23. Selon le Département du Trésor américain, il facilite la coordination entre les RDF et la rébellion, assurant l’approvisionnement en armes et en financement, en grande partie grâce à l’exploitation illégale des minerais en RDC.
Kabarebe est une figure historique des conflits congolais depuis les années 1990, notamment impliqué dans les guerres du Congo. Il est sanctionné en vertu du décret exécutif E.O. 13413, qui cible les acteurs menaçant la paix et la stabilité en RDC.
Après avoir occupé Goma, le M23 et les RDF poursuivent leur avancée vers Bukavu, capturant des infrastructures stratégiques, dont l’aéroport de Kavumu. Déjà sanctionné par les États-Unis en 2013 pour violations des droits humains, le M23 est accusé de commettre des exactions contre les civils, notamment des exécutions sommaires et des violences sexuelles.
Les autorités américaines soulignent que le trafic de minerais, notamment le coltan et l’or, finance le groupe armé. Un rapport du Département d’État publié en juillet 2024 met en lumière les liens entre le M23 et les réseaux d’exportation illégale de minerais.
Lawrence Kanyuka Kingston : porte-parole et financier du M23
En plus d’être le porte-parole du M23, Lawrence Kanyuka Kingston est impliqué dans le financement du groupe armé à travers un réseau d’entreprises, dont Kingston Fresh, une société de services alimentaires basée au Royaume-Uni et Kingston Holding, un cabinet de conseil en exploitation minière à Paris
Ces entreprises, désormais sanctionnées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), sont accusées de blanchiment de capitaux et de faciliter l’exportation illégale de minerais au profit du M23 et de l’Alliance du fleuve Congo, une coalition rebelle hostile au gouvernement congolais.
Le Trésor américain précise que ces sanctions ne sont pas uniquement punitives, mais visent à inciter un changement de comportement et à favoriser une résolution pacifique du conflit.
Dada Nzaji