Le gouvernement congolais s’engage résolument à préserver la mémoire des massacres perpétrés en République Démocratique du Congo depuis 1993, en développant des stratégies visant à promouvoir une culture de la paix et une meilleure compréhension de cette histoire tragique. Parmi les initiatives phares, figurent l’intégration de l’histoire des exactions dans l’enseignement et la création de sites mémoriels.
Lors d’un briefing de presse jeudi dernier, le professeur Makaya, membre du comité scientifique de la table ronde sur le Genocost, a détaillé les différents axes stratégiques retenus pour cette appropriation historique. Selon lui, il est essentiel d’inclure l’histoire des massacres, des victimes et du Genocost dans les programmes scolaires afin de sensibiliser les jeunes générations aux atrocités qui ont marqué le pays.
« Il est inadmissible que les Congolais ne soient pas capables de répondre aux questions concernant la situation dans l’Est du pays. L’intégration de cette histoire dans le programme éducatif est primordiale. De plus, l’axe politique mémoriel, qui préconise la création de sites dédiés à la commémoration des massacres, est tout aussi crucial. Plus de 30 ans de massacres à répétition et aucun site de commémoration n’a encore été érigé, ni dans les zones directement affectées, ni à Kinshasa », a précisé le professeur Makaya.
En plus de ces axes éducatifs et mémoriels, d’autres stratégies ont été mentionnées par le professeur, telles que l’implication des leaders d’opinion, le rôle central des médias dans la communication sur le Genocost, la promotion de la culture de la paix et la reconnaissance internationale des massacres commis en RDC.
De son côté, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a souligné l’importance d’une approche collective. Il a précisé que huit membres du gouvernement ont déjà signé un acte d’engagement pour soutenir cette initiative. Chacun d’eux, dans son domaine de compétence, veillera à accompagner l’appropriation du Genocost.
« Ce processus nous permettra de rouvrir nos 30 ans d’histoire et d’enseigner à nos enfants ce qui s’est réellement passé. Cette mission passera par les cours, les émissions et les interventions des professionnels des médias. Il est essentiel de comprendre que pour éviter que de telles atrocités ne se reproduisent et pour entamer véritablement un processus de guérison, il faut s’assurer que tout le monde soit bien informé », a affirmé le ministre.
Il est également important de noter que la RDC a désigné le 2 août comme journée annuelle de commémoration du génocide congolais, un acte symbolique fort pour préserver la mémoire collective et renforcer les efforts en faveur de la paix.
Thérèse MBUYI