La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) a, dans un communiqué publié ce 11 avril 2025, tiré la sonnette d’alarme sur la crise persistante au sein du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). Elle appelle le Président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions, à intervenir personnellement pour résoudre cette situation préoccupante.
Selon la NSCC, cette crise met en péril la stabilité interne d’une institution essentielle à la régulation des médias en République Démocratique du Congo. Cette prise de position fait suite à une lettre ouverte du Haut Conseiller Jean Pierre Eale, qui a dénoncé de nombreux dysfonctionnements au sein du Bureau du CSAC.
Des griefs alarmants
Parmi les problèmes mis en lumière figurent notamment : le manque de soins de santé pour les agents, l’impaiement prolongé du personnel, l’absence des frais d’installation pour les Hauts Conseillers deux ans après leur prise de fonction, une pléthore d’agents sans justification, ainsi que le manque de bureaux pour certains Hauts Conseillers.
La NSCC estime que ces problèmes doivent être traités dans un cadre institutionnel approprié. Toutefois, elle exprime ses inquiétudes concernant la convocation prolongée de certains membres du CSAC au Conseil National de Cyberdéfense (CNC), une structure dont les prérogatives ne sont pas liées à la régulation des médias. « La NSCC s’interroge sur cette immixtion inquiétante, qui risque d’aggraver les tensions internes et d’affaiblir l’autonomie d’une institution chargée de protéger la liberté de la presse et la pluralité des opinions », peut-on lire dans son communiqué.
Appel au Chef de l’État
Face à cette crise, la NSCC adresse un appel « respectueux mais ferme » au Chef de l’État. Elle exhorte ce dernier à s’impliquer directement dans la résolution des dysfonctionnements internes afin de préserver l’intégrité du CSAC, menacé par des pressions extérieures, notamment la déstabilisation en provenance du Rwanda.
La NSCC réitère son engagement à suivre de près l’évolution de la situation et insiste sur l’importance de résoudre ces tensions dans le strict respect des textes légaux régissant le CSAC.
Ironie du sort, n’est-ce pas ? Le CSAC, gardien supposé de l’ordre et de la transparence dans le secteur médiatique, se débat lui-même avec des dysfonctionnements internes qui brouillent son image. Voilà que l’institution perd pied tout en prétendant remettre le secteur médiatique sur la bonne voie… Le paradoxe qui mérite d’être résolu, et vite, pour que le CSAC puisse enfin jouer pleinement son rôle de régulateur.
Osée MABIALA