RDC | Dialogue national : La C64 veut rencontrer Tshisekedi et Kabila

Réunis dans la Ville éternelle pour un conclave d’une rare intensité politique, les principaux ténors de l’opposition congolaise -Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Delly Sessanga- ont accouché d’une feuille de route dont la rigueur intellectuelle et la gravité solennelle tranchent avec l’habituelle cacophonie des joutes partisanes.
Du 25 au 27 octobre 2026, le Présidium de la Coalition Article 64, scellant pour la première fois l’union de cinq de ses figures de proue à Rome, a évalué son action depuis sa création le 19 mai 2026 ainsi que la situation politique, sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo. En soulignant la qualité d’un texte qui refuse la résignation face à la fuite en avant institutionnelle, les signataires rappellent avec force que le respect de la Constitution s’impose à tous.

Rencontrer Tshisekedi et Kabila…

Consciente de l’impasse politique, la coalition entend joindre l’acte à la parole en structurant une offensive diplomatique et politique audacieuse. Les leaders de la C64 affirment ainsi leur volonté de « rencontrer le Président Félix Tshisekedi d’une part, et le Président honoraire Joseph Kabila d’autre part, afin de trouver une issue congolaise à la crise et convenir dans les meilleures conditions acceptables par tous d’un vrai dialogue national inclusif ». Cette démarche d’apaisement bilatéral s’accompagne d’un plaidoyer mené auprès des partenaires de la RDC pour soutenir une solution durable et négociée à la crise.

« Il n y a pas d’issue militaire à la crise que traverse le pays »

Cette architecture de sortie de crise repose sur une refonte de la boussole sécuritaire et un rejet des solutions unilatérales par les armes. Déclarant qu’« il n y a pas d’issue militaire à la crise que traverse le pays », la coalition en appelle avec insistance à un dialogue national inclusif pour la cessation des hostilités, la réunification du pays et le renforcement de la cohésion nationale. Les exigences diplomatiques se font précises, réclamant que le processus de Doha produise des résultats vérifiables tout en exigeant l’application de la résolution 2773 qui recommande notamment le retrait des troupes étrangères du territoire national. La facilitation africaine, conduite par l’Angola et le Togo autour de la médiation de l’ECC-CENCO, est ainsi érigée en passage obligé pour articuler toutes les démarches en cours.

« une Constitution n’a pas à être aimée ni désirée ; elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée »

Au cœur de ce manifeste se dresse l’intangibilité de l’ordre républicain, menacé par le projet de changement de Constitution. En réaction directe à l’adoption, le 23 octobre 2026 par l’Assemblée nationale, du texte fixant les conditions d’organisation du référendum, les auteurs rappellent qu’« une majorité parlementaire quelle qu’elle soit ne peut s’affranchir de la Constitution », soulignant qu’une loi sur le référendum ne saurait contourner les verrous de l’article 220. Tout en dénonçant le projet de coup d’État constitutionnel visant à maintenir le pouvoir en place, les opposants affirment que la coalition « condamne aussi avec la même fermeté le recours aux armes pour conquérir le pouvoir et s’y installer », rappelant qu’« une Constitution n’a pas à être aimée ni désirée; elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée ».

Les signataires posent la défense des libertés fondamentales comme un impératif, appelant à la décrispation de la situation politique, à la cessation des arrestations arbitraires et au retour des exilés. Rappelant l’interdiction des milices privées prévue à l’article 190 de la Constitution, la coalition exige en particulier la dissolution de la milice du parti au pouvoir, les Forces du progrès. Enfin, en réclamant des enquêtes indépendantes et crédibles sur les violences des manifestations du 12 juin et du 15 septembre 2026 ainsi que sur l’assassinat de Manassé Lomboto, tout en exigeant la libération sans délai de Marley Vuvu, de Prince Epenge et de Stephane Shiso, la C64 rappelle que la justice et la protection des victimes demeurent indispensables.

HRM

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