Paix en RDC : Le CIC s’élargit pour une action plus efficiente

En intégrant les Bapostolo et l’Église orthodoxe russe fraîchement reconnue par Kinshasa, le Conseil interreligieux congolais s’élargit à neuf membres, liant ainsi engagement pour la cohésion nationale et rapprochement stratégique avec Moscou ( ?)

Ce mardi 3 novembre 2026, au siège du Conseil interreligieux congolais (CIC) à Limete, une cérémonie apparemment banale est venue acter une mutation discrète mais hautement symbolique. En accueillant en son sein l’Église Apostolique Africaine du Congo aux côtés de l’Église orthodoxe russe du Patriarcat de Moscou, la plateforme présidée par l’archevêque Dodo Israël Kamba a franchi la barre des neuf confessions membres. L’événement prend une résonance toute particulière alors que le Patriarcat de Moscou venait d’obtenir, il y a quelques jours à peine, sa reconnaissance officielle par l’État congolais. Ce télescopage chronologique s’inscrit dans un contexte marqué par le rapprochement stratégique entre la République démocratique du Congo et la Fédération de Russie. Simple concomitance calendaire ou signal international orchestré sur l’échiquier de la diplomatie religieuse ? La question mérite d’être posée, tant le volet spirituel épouse désormais les contours de la géopolitique régionale.

Cette élargissement du CIC survient à un moment charnière pour le pays. Plongée dans une crise sécuritaire tragique à l’Est, sous la pression d’une guerre d’agression persistante, la RDC voit ses forces vives se mobiliser pour pacifier le territoire, notamment autour du dialogue national. Face aux médias, l’archevêque Dodo Kamba a ancré cette dynamique d’adhésion dans la réalité brutale du quotidien congolais, mariant l’urgence des armes à celle de la santé publique. « Aujourd’hui, nous constatons avec désolation que les Congolais continuent d’enterrer les leurs. De plus, de nombreuses crises et problèmes majeurs persistent, à l’instar d’Ebola qui terrifie une partie de la République », a déploré le prélat, rappelant que la détresse du peuple exige une réponse immédiate et solidaire.

Pour le CIC, la réponse à cette tragédie passe inévitablement par un rôle exemplaire des religieux et une synergie d’action. Évoquant le devoir moral des guide spirituels, Dodo Kamba a insisté sur la nécessité de surmonter les divergences : « L’Église doit prêcher par l’exemple. Nous sommes ici en train de nous rapprocher et de reconnaître la valeur de toutes les Confessions religieuses qui peuvent apporter leur contribution à la paix, car c’est ce qui prime ».

Saluant l’option du dialogue levée par le Président de la République, l’archevêque Dodo Kamba a affirmé : « Le Chef de l’État a eu des mots qui doivent rapprocher les Congolais les uns des autres. Il a fait parler son cœur en exprimant son souhait de voir les Congolais réunis autour d’une même table, parlant le même langage au sujet des questions brûlantes du pays ».

En rassemblant des sensibilités spirituelles diverses autour d’une même doctrine de cohésion nationale, le Conseil interreligieux congolais bâtit un levier d’action civique indispensable. En s’affirmant comme un des partenaires clé de la stabilité républicaine, le CIC renforce son positionnement institutionnel et confirme sa capacité à structurer les forces morales du pays face aux épreuves du moment.

MATSHI Darnell

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