Déclaration de Washington : le prof. Jean Akakiwa exhorte Kinshasa à la prudence et « à ne pas céder aux pressions diplomatiques »

La Déclaration de principes signée le 25 avril 2025 à Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda continue de susciter des réactions contrastées. Si certains y voient une avancée vers la paix, le professeur Jean Akakiwa, spécialiste en relations internationales, exprime des réserves majeures sur les implications de cet accord.

Consulté par Focus-actu.cd, Jean Akakiwa, soutient que cette déclaration, bien qu’elle réaffirme la souveraineté et l’intégrité territoriale des deux pays, pourrait fragiliser la position de la RDC dans les négociations futures. Il souligne que Kinshasa a toujours considéré le conflit comme une agression extérieure, tandis que les rapports de l’ONU évoquent la présence de milliers de soldats rwandais sur le sol congolais.

« Cet accord semble entériner une réalité que Kinshasa a toujours dénoncée : la présence militaire rwandaise sur son territoire. Il faut une vigilance accrue pour éviter que cela ne devienne une normalisation tacite », prévient-il.

Un accord qui favorise Kigali ?

L’expert met en lumière un aspect souvent sous-estimé : l’intégration économique et minière prévue dans la déclaration. Il estime que cet engagement pourrait avantager le Rwanda, qui dispose déjà d’infrastructures avancées pour le traitement des minerais stratégiques, notamment une fonderie d’étain et une raffinerie d’or.

« Le Rwanda est déjà un hub régional pour le raffinage des minerais. Cet accord pourrait lui permettre de renforcer encore sa position, tandis que la RDC reste dépendante de l’exportation brute de ses ressources », analyse Akakiwa.

Des engagements difficiles à garantir

Parmi les points clés de la déclaration figure l’engagement des deux pays à ne plus soutenir de groupes armés non étatiques. Toutefois, Jean Akakiwa reste sceptique quant à la mise en œuvre effective de cette mesure, rappelant que les précédents accords de cessez-le-feu n’ont jamais été respectés.

« L’histoire nous a montré que ces engagements sont rarement suivis d’effets. La RDC et le Rwanda doivent prouver, par des actes concrets, qu’ils sont réellement prêts à tourner la page des conflits armés », insiste-t-il.

Un appel à la vigilance

Face à ces incertitudes, Jean Akakiwa exhorte les autorités congolaises à maintenir une approche prudente et à ne pas céder aux pressions diplomatiques qui pourraient compromettre les intérêts du pays. Il insiste sur la nécessité d’une transparence accrue dans les négociations à venir, notamment sur la gestion des ressources naturelles et la sécurité des populations affectées par le conflit.

Alors que la Déclaration de principes ouvre la voie à un accord de paix attendu pour le 2 mai, les interrogations soulevées par Jean Akakiwa rappellent que la RDC doit naviguer avec précaution dans ce processus diplomatique.

HRM

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