Les révélations fracassantes de l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi, ex-collaborateur de Félix Tshisekedi, continuent d’ébranler la scène politique congolaise. Dans un communiqué cinglant publié ce vendredi, le Cadre de Concertation des Forces Politiques et Sociales, emmené par les figures de l’opposition André Claudel Lubaya et Seth Kikuni, dénonce des « pratiques obscures » et une « gestion des fonds publics assimilés au patrimoine familial » du Chef de l’État.
Un « démenti cinglant » à la promesse de rupture
Les accusations portées par Kazadi, qui a servi sous Tshisekedi, frappent d’autant plus qu’elles émanent d’un ancien proche du pouvoir. « Alors qu’il a bâti sa communication sur un discours de rupture et de lutte contre la corruption, son propre ministre des Finances vient de lui opposer un démenti cinglant », martèle le texte. Selon les opposants, ces révélations exposent des « faits de compromissions, d’impunité organisée et d’utilisation abusive des deniers publics ».
Pire encore, le communiqué affirme que ces agissements relèveraient de la « haute trahison », en violation des articles 56 et 57 de la Constitution, qui consacrent la protection des richesses nationales. « Ces détournements massifs ont eu pour conséquence directe la paupérisation des populations, l’effondrement des services publics… et l’enrichissement suspect d’un cercle restreint », dénoncent les signataires.
30 millions de dollars « frauduleusement subtilisés » ?
Parmi les allégations les plus explosives figure le détournement présumé de « 30 millions de dollars », attribué au Président et à son entourage. « Avec l’accord du Président de la République, cette somme aurait été détournée des fonds publics par ses proches et lui-même », accuse le Cadre de Concertation. Ces fonds auraient servi de « jeton de présence » dans le cadre du controversé contrat chinois, une opération qui, selon l’opposition, « jette un discrédit total » sur Tshisekedi.
Les auteurs du texte fustigent également la neutralisation des institutions de contrôle : « La Cour des comptes, l’Inspection générale des finances et l’Assemblée nationale ont été réduites au silence ou instrumentalisées ». Une situation qui, selon eux, illustre une « délinquance financière au sommet de l’État ».
Appel à la justice : « Faire toute la lumière »
Face à ces accusations, les opposants exigent une réaction judiciaire immédiate. Ils interpellent le Procureur général près la Cour de cassation pour qu’il ouvre « de toute urgence une information judiciaire ». « Félix Tshisekedi porte la responsabilité politique et morale de ces actes », insistent-ils, invoquant plusieurs articles de la Constitution et de la loi organique de la Cour constitutionnelle.
Alors que la RDC traverse une crise socio-économique profonde, ce nouveau scandale ravive les attentes d’une justice impartiale. Dans un pays où l’impunité a trop souvent primé, la demande de transparence et de reddition des comptes reste plus que jamais d’actualité. Comme le rappelle amèrement le communiqué : pendant que le peuple « croupit dans une misère effroyable », certains au sommet semblent se partager les richesses qui devraient lui revenir. La balle est désormais dans le camp de la justice.
Précieuse PETU & HRM