La République démocratique du Congo a pris part à la conférence internationale e-Learning Africa, tenue à Dar es Salaam, en Tanzanie. La ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC), Raïssa Malu, y a représenté le pays autour du thème « Construire la transformation numérique dans l’éducation ».
Cet atelier visait à élaborer des feuilles de route concrètes pour la digitalisation des systèmes éducatifs africains. La RDC y a réaffirmé sa volonté d’accélérer la transformation numérique de son secteur éducatif.
Présente sur place, la ministre Raïssa Malu a défendu une vision ambitieuse, axée sur l’ intelligence artificielle, la mutualisation des expériences africaines, et le développement de l’enseignement à distance comme levier pour surmonter les défis éducatifs du pays.
L’enseignement à distance, un pilier stratégique
La participation de la RDC à cet événement s’inscrit dans la récente signature d’un arrêté ministériel structurant l’enseignement à distance (EAD) au sein du système éducatif congolais. Ce cadre offre à la RDC l’occasion d’apprendre des expériences d’autres pays africains en matière d’intégration du numérique dans l’éducation.
Pour la ministre d’État, cette présence congolaise au forum continental, qui en est à sa 18ᵉ édition, était essentielle et porteuse d’espoir. Elle a souligné que la technologie, notamment l’intelligence artificielle, constitue un outil majeur pour améliorer la qualité de l’enseignement en RDC, face aux défis liés à la construction rapide d’écoles et à la formation des enseignants.
Une vision claire pour l’éducation numérique
Lors de son intervention, Raïssa Malu a salué l’accueil chaleureux de la République Unie de Tanzanie et insisté sur l’importance de la présence congolaise à ce rendez-vous.
« C’était important que la République démocratique du Congo soit représentée à e-Learning Africa. Nous faisons énormément d’efforts pour développer l’enseignement à distance », a-t-elle souligné.
Elle a rappelé que l’arrêté ministériel sur l’EAD s’appuie sur des expérimentations concrètes, notamment l’usage de l’intelligence artificielle pour concevoir des tutoriels virtuels.
« Nous avons pu constater que les technologies actuelles, y compris l’IA, permettent d’accélérer la qualité de la formation, tant initiale que continue, de nos enseignants », a confié la ministre d’Etat.
Des expériences pilotes prometteuses
À la conférence, Raïssa Malu a rencontré des responsables provinciaux de l’éducation, notamment les Proveds et IPP du Haut-Katanga et du Kasaï Oriental, accompagnés par Enabel, la coopération belge, qui soutient des projets pilotes de formation à distance pour les enseignants du primaire.
Selon la ministre, ces initiatives constituent des modèles duplicables à l’échelle nationale. « Cette bonne expérience nous permettra de réfléchir à une généralisation, tant pour le primaire que pour le secondaire, via notre réseau d’écoles de proximité », a-t-elle fait savoir.
Vers une coopération panafricaine pour l’éducation
Au-delà des avancées technologiques, la ministre a mis en avant une vision panafricaine de l’éducation. « Une des leçons que nous apprenons de la Tanzanie, c’est l’esprit Afrique. On ne peut pas résoudre notre problème, celui de l’éducation, en restant dans une zone fermée. Il est important de développer des partenariats avec nos voisins », a soutenu la ministre d’État.
Elle a souligné l’importance des synergies régionales, essentielles pour accélérer le développement des systèmes éducatifs africains.
Vers un modèle d’école numérique inclusif
L’atelier de Dar es Salaam a permis aux participants de travailler sur six axes stratégiques, allant de la définition d’un paysage stratégique pour l’Afrique à la formation des enseignants, en passant par la création d’un modèle hybride d’école numérique.
Ces réflexions, nourries par les meilleures pratiques internationales, visent à formuler des recommandations concrètes, notamment pour les communautés les plus défavorisées.
Actuellement, 20 pays sur quatre continents collaborent avec l’initiative École numérique, qui touche plus de 500 000 bénéficiaires. Un chiffre que la RDC, engagée dans sa propre transformation numérique éducative, espère rejoindre très prochainement.
Yves Boongo