Dans une région en proie à l’insécurité chronique, dix magistrats, inspecteurs de police judiciaire et agents des services de sécurité de Beni (Nord-Kivu) viennent d’achever une formation ciblée sur la lutte contre le financement du terrorisme. Pendant onze jours, ces professionnels ont été outillés, sous la houlette de la Section d’appui à la justice de la MONUSCO, pour traquer les circuits financiers alimentant les groupes armés locaux.
L’ombre des ADF, affiliés à l’État islamique, plane sur cette initiative. Régulièrement accusés d’atrocités contre les civils dans cette partie orientale de la République démocratique du Congo, ces groupes sont soupçonnés de bénéficier de fonds étrangers. D’où la nécessité de renforcer les compétences techniques des autorités judiciaires pour « casser la chaîne » de leur financement.
« Cet argent venu de l’étranger permet aux ADF d’acheter des armes, de recruter des membres et de poursuivre leurs attaques. Grâce à cette formation, nous sommes désormais capables de retracer la chaîne de financement et d’intervenir », a affirmé le capitaine Hubert Kabandani Kalubi, auditeur militaire intérimaire de garnison.
Une dynamique nationale en cours
Loin d’être une action isolée, cette formation s’inscrit dans un programme plus large mené par la MONUSCO, couvrant les villes de Beni, Bunia et Kinshasa. Trente acteurs judiciaires sont concernés. Prochaine étape : la capitale congolaise, pour une session axée sur la formation des formateurs, avec le soutien de deux experts onusiens en criminalité financière et investigation numérique.
L’ambition finale est claire : mettre en place un réseau national capable de perturber durablement les flux financiers qui nourrissent les réseaux terroristes en RDC.
En dotant les autorités judiciaires congolaises d’outils modernes, la MONUSCO entend ainsi renforcer la chaîne pénale dans une région où l’argent sale continue de faire couler le sang.
Précieuse PETU