La ministre de l’ESU chez Nvonde : la gestion de l’UNISIC sera-t-elle dans le collimateur de la justice ?

L’Université des sciences de l’information et de la communication (UNISC) pourrait bientôt connaître un tournant majeur. Alors que la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), le Professeur Marie-Thérèse Sombo, a entamé ce jeudi une série de consultations judiciaires à Kinshasa, les espoirs renaissent au sein du personnel de l’établissement. Depuis plusieurs années, ce dernier dénonce une gestion jugée opaque et dégradante, menée par le comité dirigé par le Professeur Kambayi Bwatsha.

Une mission de contrôle qui entre dans sa phase judiciaire

Cette initiative judiciaire s’inscrit dans le prolongement d’une vaste opération de contrôle lancée en août 2024, à la suite de la 10ᵉ réunion du Conseil des ministres. Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, avait alors vivement critiqué la gouvernance de plusieurs établissements publics universitaires. Il avait instruit la ministre de l’ESU de diligenter une mission de vérification dans toutes les grandes villes du pays.

À l’issue de cette première phase, la ministre a engagé des démarches avec les autorités judiciaires, en commençant par une rencontre avec le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde. Cette « itinérance judiciaire » vise à protéger le patrimoine de l’État mis à la disposition des établissements de l’ESU. Elle entend également garantir les droits du personnel académique, scientifique et administratif face aux actes infractionnels qui leur sont parfois infligés. Enfin, elle a pour objectif de traduire en justice les auteurs présumés de détournements qui nuisent aux efforts du chef de l’État, en rappelant que les membres des comités de gestion doivent faire preuve d’une conduite irréprochable.

Le cas de l’UNISIC sous les projecteurs

Parmi les établissements concernés, l’UNISC se distingue par la gravité des dysfonctionnements dénoncés. Pour son personnel, cette démarche judiciaire constitue une lueur d’espoir après trois années d’attente et de frustrations. L’université est marquée par un état de dégradation avancée, des conditions de travail qualifiées de déplorables, des retards ou irrégularités dans le traitement salarial, ainsi que par des atteintes présumées aux droits des enseignants et du personnel. La gouvernance interne y est fortement critiquée pour son manque de transparence, de concertation et d’efficacité.

Selon plusieurs sources internes, les indices d’une mauvaise gestion seraient si manifestes qu’il ne fait guère de doute, dans certains milieux universitaires, que le comité dirigé par le Professeur Kambayi Bwatsha devra prochainement répondre devant la justice. Cette éventualité est perçue comme une étape nécessaire vers la moralisation du secteur universitaire.

Une série de rencontres au sommet

Après sa visite au procureur général près la Cour de cassation, la ministre de l’ESU prévoit de s’entretenir avec plusieurs autres hautes instances judiciaires: notamment le premier président de la Cour de cassation, le procureur général près le Conseil d’État et la première présidente du Conseil d’État. Ces échanges pourraient ouvrir la voie à une série d’enquêtes et de mesures ciblées à l’encontre des établissements accusés de mauvaise gouvernance, dont l’UNISC.

Ce mouvement vers une reddition des comptes amorcé par les autorités compétentes marque peut-être un tournant pour l’avenir de l’enseignement supérieur en RDC. Restaurer la confiance, revaloriser les institutions et garantir la probité sont autant d’enjeux clés qui animent aujourd’hui les attentes du personnel universitaire. À l’UNISC, l’heure est venue, espère-t-on, de voir la justice faire son œuvre.

Remy NSIMBA

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