Au cours du Special Briefing Presse organisé mardi 2 septembre au Studio Maman Angebi de la RTNC, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, accompagné du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a dressé un tableau contrasté de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. Entre les défis persistants dans l’Est et des avancées notables sur d’autres fronts, le gouvernement a voulu afficher à la fois vigilance et détermination.
Les territoires du Nord et du Sud-Kivu, encore sous occupation partielle de groupes armés, restent le théâtre de violations graves des droits humains. Enlèvements, enrôlements forcés et mise en place d’administrations parallèles continuent de miner la vie des populations locales.
« En ce qui concerne les territoires occupés, que ce soit dans la province du Nord ou du Sud-Kivu, la situation sécuritaire est pratiquement la même en termes de violation des droits de l’homme », a reconnu Jacquemain Shabani, soulignant que le respect du cessez-le-feu demeure un « challenge ».
Le gouvernement accuse également certains acteurs extérieurs de nourrir cette instabilité, tout en réaffirmant sa volonté de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Dans ce contexte tendu, la rentrée scolaire 2025-2026 s’est néanmoins déroulée dans des conditions « respectables » sur une large partie du territoire. Grâce à une collaboration étroite entre le ministère de l’EPST et les services de sécurité, des dispositifs ont été mis en place pour sécuriser les écoles et apaiser les inquiétudes des parents.
« Nos enfants ont pu rentrer dans des conditions sécuritaires les plus convenables possibles », a indiqué le VPM, saluant les efforts conjoints des services publics mobilisés pour cet objectif.
Le gouvernement a également réaffirmé sa détermination à lutter contre la criminalité urbaine et rurale. Des opérations ciblées, dont l’opération Ndobo, sont menées dans plusieurs provinces pour démanteler les réseaux criminels.
« Le peuple doit sentir la présence protectrice de l’État partout où il se trouve. La sécurité n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental », a martelé Jacquemain Shabani, promettant qu’« il n’y aura pas de zones de non-droit en RDC ».
Sur le plan diplomatique, répondant à la question concernant l’invitation de la fondation Thabo Mbeki, le ministre Patrick Muyaya a réaffirmé l’ouverture du gouvernement au dialogue, tout en écartant les initiatives jugées inopportunes. Kinshasa privilégie les cadres de discussion déjà établis, comme ceux de Doha et de Washington, considérés comme plus crédibles et équilibrés.
Le message du gouvernement est clair : la restauration de la paix reste au cœur de l’agenda national, avec la promesse d’intensifier les efforts militaires, diplomatiques et sociaux pour redonner espoir aux Congolais.
Osée MABIALA