Jonas Tshiombela : « Pour la paix en RDC, harmonisons les initiatives et incluons tous les acteurs »

Dans un entretien accordé à Focus-actu.cd, Jonas Tshiombela, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), appelle à une meilleure coordination des processus de paix pour relever les défis sécuritaires en République Démocratique du Congo (RDC). Il plaide également pour une approche intégrant toutes les dimensions des conflits, qu’elles soient locales ou régionales.

Une diversité d’initiatives à coordonner

Alors que la situation sécuritaire dans l’Est du pays reste critique, plusieurs processus de paix, tels que ceux de Luanda, Nairobi et Doha, sont en cours. Cependant, Jonas Tshiombela alerte sur les risques liés à leur dispersion. « Ces initiatives, bien qu’importantes, peuvent générer de la confusion si elles ne sont pas alignées. Une coordination s’impose pour définir une voie commune », explique-t-il.

Il propose l’organisation d’une « conférence des initiatives pour la paix en RDC », visant à réunir les acteurs et initiatives autour d’un cadre de travail harmonisé. Jonas Tshiombela évoque les actions portées par la CENCO et l’ECC, la CIME ou encore l’Union africaine, et appelle à une synergie autour de l’objectif commun de paix et de réconciliation. « Sans concertation, chacun risque de poursuivre des efforts isolés, ce qui limite leur efficacité », souligne-t-il.

L’inclusivité au cœur des négociations

Pour Jonas Tshiombela, l’inclusion de tous les acteurs majeurs est indispensable au succès des initiatives de paix. « Les confessions religieuses, la société civile et les opposants non armés doivent participer aux discussions », affirme-t-il. Il critique les approches antérieures qui ont souvent exclu les communautés locales, pourtant directement impactées par les conflits. « Ce sont les populations qui subissent les conséquences des conflits, pas les membres du gouvernement », rappelle-t-il.

Sur le plan régional, il insiste sur la nécessité d’un dialogue avec les pays voisins. « Le Rwanda évoque la présence des FDLR pour justifier ses incursions en RDC, mais pourquoi ne pas encourager un dialogue entre le Rwanda et les FDLR ? », s’interroge-t-il. Selon lui, une démarche similaire devrait être adoptée par d’autres voisins comme l’Ouganda et le Burundi, afin de résoudre les tensions transfrontalières.

Le rôle crucial de la société civile

En tant qu’organisation neutre, la NSCC entend jouer un rôle facilitateur dans la recherche de solutions durables. « Notre mission est d’accompagner les Congolais dans le dialogue et la recherche de solutions, sans s’ériger en arbitre ni exacerber les divisions », précise Jonas Tshiombela. Il réaffirme l’engagement de la société civile à soutenir tout effort visant à instaurer la paix et à poser les bases d’un développement durable. « Il est essentiel de créer les conditions nécessaires pour rétablir la stabilité et garantir un avenir meilleur ».

Par cette sortie médiatique, Jonas Tshiombela rappelle que la véritable clé de la paix réside dans l’unité des efforts et l’inclusion de tous. Car, en fin de compte, seule une RDC unie pourra bâtir l’avenir qu’elle mérite.

MATSHI Darnell

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