La 16ᵉ Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED16), tenue à Genève du 20 au 23 octobre 2025, a consacré une place de choix aux enjeux liés aux matières premières. La République démocratique du Congo (RDC), représentée par le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku, y a affirmé son rôle central dans la redéfinition des règles du commerce mondial des ressources stratégiques.
Lors d’un panel de haut niveau, le ministre congolais a exposé les réformes engagées par Kinshasa pour accroître la valeur ajoutée locale dans le secteur minier. Parmi les mesures phares : l’obligation pour les détenteurs de droits miniers de transformer localement les minerais, la présentation d’un plan d’industrialisation pour chaque projet minier, et le renforcement des exigences de traçabilité, notamment pour les minerais 3T (étain, tantale, tungstène) dans l’Est du pays.
Face à la volatilité des cours, la RDC a pris des décisions stratégiques, comme la suspension temporaire des exportations de cobalt. Cette mesure, motivée par la chute du prix de la tonne de cobalt de 80 000 USD en 2022 à 21 000 USD en février 2025, a permis de faire remonter les cours autour de 40 000 USD, indique Paluku sur le réseau social X. La RDC, premier exportateur mondial de cobalt, a ainsi démontré sa capacité à influencer les marchés internationaux.
La RDC a également proposé la création d’une organisation mondiale des pays producteurs de minerais stratégiques, sur le modèle de l’OPEP. Cette idée, saluée par plusieurs délégations, vise à stabiliser les marchés, garantir une juste rémunération et renforcer la souveraineté économique des nations productrices.
La CNUCED16 a aussi permis à la RDC de renforcer ses partenariats bilatéraux et de promouvoir la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi : une économie congolaise diversifiée, industrialisée et pleinement intégrée dans les dynamiques régionales et mondiales.
Rémy NSIMBA