RDC | Hervé Diakese : « Nous avons une opposition qui est décapitée, qui est criminalisée »

Le dernier rapport du Bureau conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’homme (BCNUDH) résonne comme un glas pour les libertés publiques. Il indique qu’au 30 janvier, « 42 membres de partis politiques demeurent en détention », précisant que ces arrestations sont souvent menées par « les services de renseignements ou le Conseil National de Cyberdéfense (CNC) ».

Pour l’opposition, cette statistique ne représente que la partie émergée d’un système plus vaste. Maître Hervé Diakese, proche de Moïse Katumbi, ne mâche pas ses mots au micro de RFI : « Nous avons une opposition qui est décapitée, qui est criminalisée », dénonce-t-il, fustigeant l’usage d’une « police secrète qui ne relève que de l’obédience du président de la République ».

Le rapport souligne que ces prisonniers, issus majoritairement d’Ensemble pour la République, parti cher à Moïse Katumbi, sont souvent « détenus dans de nombreux cachots clandestins ».

À cette réalité carcérale, Diakese oppose une lecture politique : selon lui, « une vague accusation de connivence avec la rébellion » sert à justifier toutes les attaques, offrant ainsi un « vernis de légalité à des détentions inutilement prolongées ».

Sur le plan judiciaire, le bilan du BCNUDH reste maigre : seules sept poursuites ont été engagées, le texte mentionnant que « quatre éléments de la PNC et un civil » ont comparu devant les tribunaux.

Pour Hervé Diakese, le constat est sans appel : la RDC s’est transformée en une « démocratie de façade » qui, désormais, « ne s’embarrasse même plus de se donner les apparences d’un État républicain ».

Rémy NSIMBA

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts