Alors que le conflit entre la milice Mobondo et les forces de sécurité secoue cinq provinces, un autre front, moins visible mais tout aussi décisif, se joue : celui de l’information.
Faute de moyens, la communication militaire peine à encadrer le narratif autour de l’opération NGEMBA, laissant un terrain fertile aux rumeurs, à l’intox et aux perceptions contradictoires.
Une parole officielle active mais limitée
Le porte-parole de l’opération NGEMBA multiplie pourtant les interventions : il clarifie, répond aux médias et tente d’assurer un flux régulier d’informations.
Mais sans mobilité ni appui logistique, il reste éloigné des zones de combat, incapable de fournir images, témoignages ou reportages susceptibles de montrer la réalité des opérations.
Un vide informationnel propice aux récits alternatifs
Cette absence sur le terrain crée un vide informationnel que comblent rapidement réseaux sociaux, rumeurs locales et spéculations.
Dans certains villages, la population s’informe davantage par la « radio trottoir » que par les canaux officiels, alimentant confusion et méfiance.
Face à une milice qui, elle, sait exploiter les rumeurs comme arme psychologique, l’armée se retrouve désavantagée.
Un enjeu stratégique pour regagner la confiance
En période de crise, maîtriser l’information est un impératif stratégique.
Sans moyens logistiques pour soutenir la communication, les autorités peinent à rassurer la population, à valoriser le travail des troupes et à contrer les messages hostiles.
Le déficit de communication n’est donc pas seulement un problème interne : il influence la perception publique et, au final, la stabilité des zones touchées par le conflit.
Précieuse PETU