Le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Électoral (CNSA) a brossé, ce mardi 16 décembre 2025, un tableau critique du climat politique actuel. Dans un communiqué officiel, il a fustigé les atteintes aux libertés et appelé à une concertation nationale inclusive.
Sans langue de bois, cette institution dirigée par Joseph Olenghankoy Mukundji s’est montrée incisive face au traitement réservé aux figures politiques de premier plan. « Le CNSA déplore en particulier les violations répétées du domicile de l’ancien Président de la République », souligne le communiqué, pointant une dégradation du respect dû au prédécesseur de l’actuel Chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Pour le CNSA, ces agissements ne sont pas seulement des incidents isolés, mais des entorses graves au principe de l’État de droit. Joseph Olenghankoy et ses pairs rappellent que la puissance publique doit s’exercer dans les limites du droit : « Lorsqu’il a le droit d’agir, l’Etat, dans sa légitimité, n’a pas besoin de se mettre en dehors de la loi comme s’il avait peur de qui que ce soit ».
Une dénonciation des perquisitions et interpellations « à des heures indues »
Au-delà du cas de Joseph Kabila, le CNSA dresse un réquisitoire contre les méthodes d’interpellation ciblant les acteurs de la vie publique. Au lendemain de l’interpellation du Secrétaire permanent du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary à Kinshasa, et de la perquisition de la résidence du président du groupe parlementaire Ensemble pour la République, Christian Mwando Nsimba Kabulo, par les services d’intelligence, la police et l’armée dans le Tanganyika, l’institution insiste sur le respect scrupuleux de la loi pénale. Elle cible notamment « les interpellations des journalistes, des communicateurs de partis politiques et de toute autre personne à des heures indues ».
Le communiqué avertit que ces dérives affaiblissent l’autorité de l’État plutôt qu’elles ne la renforcent. « Se mettant en dehors de la loi, l’Etat affaiblit sa propre force », tranche le document. Plus encore, le CNSA appelle au respect de l’inviolabilité du domicile privé pour tout citoyen congolais, sans distinction de rang.
Le Dialogue national inclusif comme seule issue à la crise
Face à l’impasse militaire et diplomatique à l’Est, le CNSA estime que l’heure est venue d’explorer la « voie politique ». L’institution exhorte la classe politique à sortir des « incantations belliqueuses et guerrières » pour se tourner vers un Dialogue national inclusif.
Selon le CNSA, la réussite de ces assises est conditionnée par l’instauration d’un climat de confiance mutuelle. Ce dialogue doit être « bien préparé, avec des objectifs bien circonscrits » pour aboutir à une paix durable. Le CNSA rappelle par ailleurs que tous les acquis démocratiques de la RDC, de l’indépendance à la Constitution actuelle, sont issus de processus de concertation : « Il n’est pas vrai que le dialogue n’a jamais rien donné et qu’il ne résoudra pas le problème ».
Le CNSA prévient que l’année à venir devra être celle de la réalisation de ce « projet de salut public », sous peine de voir la cohésion nationale se fragiliser davantage face aux enjeux de souveraineté.
MATSHI Darnell