Dans une République Démocratique du Congo en quête de stabilité, l’engagement citoyen des leaders religieux du Conseil Interreligieux Congolais s’intensifie. Ce mercredi 11 février 2026, dans le quartier de Kingabwa, une rencontre hautement symbolique s’est tenue. L’archevêque Dodo Israël Kamba, à la tête du CIC, a été reçu par Jean-Marc Kabund-A-Kabund, figure de proue de l’opposition et président national de l’Alliance pour le Changement (A.Ch).
Au cœur de cet entretien : la présentation d’un canevas stratégique intitulé « Plaidoyer en faveur des mécanismes de Justice, Vérité et Réconciliation, préalables à un dialogue inclusif ». Pour le CIC, qui regroupe plusieurs confessions religieuses, l’objectif est limpide : baliser le chemin avant tout dialogue.
L’archevêque Kamba a explicité la vision de sa structure : « Nous voulons faire comprendre aux politiciens […] le bien-fondé de notre démarche, et leur montrer que nous sommes, en tant que religieux, censés rapprocher les uns des autres. » Il s’agit, selon lui, d’instaurer les éléments de la justice transitionnelle comme un passage obligé pour apaiser les tensions sociales et politiques.
Un accueil favorable et un Kabund « exceptionnel »
Cette démarche a trouvé un écho particulier chez Jean-Marc Kabund. La réception par l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale s’est révélée particulièrement chaleureuse. « Le Président Kabund nous a réservé un très bon accueil et puis le message est bien passé. Nous avons échangé à cœur ouvert et à bâton rompu », s’est réjoui le prélat à l’issue de l’entrevue.
Interrogé sur sa perception de l’homme politique, Dodo Kamba a décrit un leader lucide et préparé pour les échéances à venir. « C’est un homme exceptionnel, très réfléchi. Nous avons une très bonne impression de lui », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Nous avons apprécié énormément sa manière d’appréhender, de voir, de définir, d’analyser. » Pour le CIC, Jean-Marc Kabund « pourra apporter vraiment un plus au moment des dialogues ».
Le défi de la décrispation
La grande question demeure celle de la réceptivité du pouvoir et de la classe politique face à cette initiative. Pour l’archevêque Kamba, la priorité est de renverser l’ordre des priorités habituelles pour instaurer, en amont, une « commission Vérité et Réconciliation ».
« Il faudrait d’abord créer un climat de décrispation, chose que nous sommes en train de tenter », a-t-il martelé, précisant que cette approche a été « acceptée et admise » par son hôte. En menant cette mission de bons offices, le CIC espère transformer la méfiance mutuelle en un dialogue constructif.
L’ombre de Luanda et l’autonomie de l’apostolat
Questionné sur une éventuelle coordination avec la médiation angolaise dans la crise régionale, Dodo Kamba a tenu à marquer la spécificité de sa démarche. Tout en reconnaissant ne pas avoir été formellement « signifié » par le processus de Luanda, il a balayé toute idée d’inaction.
« Cela ne nous empêche pas de faire notre travail par rapport à notre apostolat », a-t-il tranché, soulignant que l’initiative religieuse actuelle « n’est pas à comparer à ce qui s’est fait à Luanda ». Une manière de rappeler que la réconciliation interne de la RDC reste une affaire souveraine, portée par ses propres forces morales.
HRM