Insécurité à Kinshasa : l’APUKIN annule son sit-in, Shabani assistera au culte en mémoire du professeur assassiné

Kuluna, braquage, enlèvement, tracasserie policière… et meurtre, l’insécurité se porte bien à Kinshasa, dans la capitale congolaise. À Kinshasa, le dernier acte de cette tragédie urbaine est l’assassinat brutal du professeur Mathieu Abada Diabar Sona, de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), froidement abattu à son domicile dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 janvier.

Face à ce crime odieux qui a plongé le mont Amba dans l’émoi, les enseignants avaient annoncé une manifestation sous forme de sit-in, initialement programmée pour ce lundi 12 janvier devant le cabinet du Vice-Premier ministre (VPM) de l’Intérieur.

Toutefois, pour désamorcer la crise, le VPM Jacquemain Shabani a reçu ce dimanche 12 janvier une délégation de l’Association des Professeurs de l’UNIKIN (APUKIN), conduite par son président, le professeur David Lubo.

Au sortir de cette audience, le ton a changé. « Il [ndlr : VPM Shabani] nous a rassurés, il nous a donné des réponses à toutes nos préoccupations concernant la sécurité sur les sites universitaires et les quartiers environnants », a confié le prof. Lubo. Fort de ces garanties, notamment l’engagement du ministre à renforcer la sécurité sur le campus et ses périphéries, l’APUKIN a annoncé l’annulation du sit-in.

Plus encore, le ministre Shabani a promis d’assister personnellement au culte prévu ce lundi à la paroisse Notre-Dame de la Sagesse. « L’autorité nous a fait la faveur de monter en personne pour qu’on célèbre un culte en mémoire de celui qui nous a quittés dans des conditions tragiques », a expliqué David Lubo, invitant ses collègues à privilégier ce moment de recueillement rehaussé par la présence gouvernementale.

Si ce dialogue direct a permis d’éviter un bras de fer dans la rue, la question de fond demeure : la présence d’un ministre à une messe funèbre peut-elle suffire à endiguer la criminalité ? Pour l’opinion, le ministère de l’Intérieur doit impérativement s’attaquer aux causes structurelles de l’insécurité plutôt que de se limiter à des gestes symboliques. La protection des citoyens exige des réformes profondes et non une simple politique des apparences.

MATSHI Darnell

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