Depuis quelques mois, le Conseil National de Cyberdéfense (CNC) est au cœur d’un débat passionné, alimenté par des accusations d’« arrestations arbitraires ». En tant qu’analyste expert en communication, il me semble essentiel de déconstruire cette narration erronée pour rétablir une vérité technique et juridique.
Un cadre légal précis : L’Ordonnance n° 23/160 Il faut d’abord rappeler que le CNC n’est pas une création spontanée, mais un service spécialisé né de l’Ordonnance n° 23/160 du 21 août 2023. Son rôle ? Être la « tour de contrôle » de notre souveraineté numérique. Ni commissariat, ni prison, il est un organe d’intelligence et de protection des infrastructures critiques du pays.
Le CNC enquête, mais qui arrête ? L’actualité récente, notamment les enquêtes touchant certains généraux des FARDC, a mis en lumière l’efficacité redoutable du CNC. Si ces dossiers avancent, c’est grâce à l’expertise technologique du Conseil qui débusque les preuves là où elles sont les plus volatiles : dans le cyberespace.
Cependant, une confusion sémantique persiste dans l’opinion :
Le CNC ne procède pas aux arrestations. Son action s’arrête à la production de preuves numériques.
Il livre l’information aux services compétents : Auditorat Général, Renseignements Militaires, ANR ou Police Nationale.
C’est la Justice et les OPJ qui ouvrent l’instruction et exécutent les mandats.
Le regard de l’expert en communication Ceux qui accusent le CNC d’arrestations illégales commettent une erreur d’interprétation des flux d’information. En communication de crise comme en cybersécurité, la force d’un organe réside dans sa capacité de détection et d’alerte. Le CNC est la sentinelle numérique de la Nation. Attaquer sa réputation, c’est tenter de discréditer la preuve scientifique pour protéger l’impunité.
Le CNC ne traque pas des opinions, il sécurise un État. Il est temps de comprendre que dans l’architecture sécuritaire moderne de la RDC, le CNC est le cerveau qui analyse, tandis que les services de police et la justice restent les bras de la loi.
John Dibenga, Analyste Expert en Communication stratégique et institutionnelle