Kinshasa | Jours fériés: certains services des Cliniques universitaires de Kinshasa ne consulteront pas

Beaucoup de patients des Cliniques universitaires de Kinshasa (CUK) ont été surpris, ce jeudi 15 janvier 2026, d’apprendre qu’à partir du vendredi 16 jusqu’au lundi 19 janvier, plusieurs services ne recevront pas de malades -qu’il s’agisse de nouveaux cas, de contrôles ou de rendez-vous- en raison des jours fériés décrétés par le ministère national de l’Emploi et du Travail.

L’annonce a choqué de nombreux patients arrivés ce jour-là dans cette formation hospitalière, sous une forte pluie qui s’est abattue sur Kinshasa. L’information s’est rapidement propagée d’un service à l’autre, provoquant la panique parmi les malades, soucieux d’un suivi médical rigoureux pour espérer un prompt rétablissement.

Au service de médecine interne, notamment au bloc C, les patients ont appris avec stupéfaction que les médecins traitants ne s’étaient pas présentés -certains invoquant les conditions climatiques- et qu’ils devraient attendre jusqu’au jeudi 22 janvier, en raison de l’observation des jours fériés. Le personnel administratif reconnaît toutefois que les services de diabétologie et de pneumologie assurent habituellement les consultations les lundis et jeudis. Agents et non-cadres affirment avoir simplement appliqué la décision de la direction générale des Cliniques universitaires de Kinshasa, leur employeur.

Certains malades peinent à comprendre pourquoi les CUK acceptent de fermer plusieurs de leurs services pendant cette longue période fériée de janvier, soit quatre jours.

« Le médecin directeur, le professeur docteur Jean-Marie Kayembe, ne se rend pas compte de tous les dangers qui entourent nos états de santé. A-t-il peur d’expliquer au ministre du Travail que la santé n’a ni jour ouvrable, ni jour férié, ni week-end? La santé est une priorité quotidienne. J’invite le ministre de la Santé publique à se rapprocher de son collègue de l’Emploi et du Travail afin que les formations hospitalières ne soient plus associées aux décisions liées aux jours fériés. Vous avez l’obligation de sauver des vies pour l’intérêt supérieur de notre nation », a déclaré un malade sous couvert d’anonymat, avant d’être transféré aux urgences pour une prise en charge temporaire, en attendant le jeudi 22 janvier.

Pour apaiser la tension, qui commençait à prendre des allures de soulèvement populaire, la direction des Cliniques universitaires de Kinshasa a discrètement autorisé son personnel à dialoguer avec les patients. Plusieurs options leur ont été proposées: accepter un transfert vers les urgences, obtenir le remboursement des frais de consultation ou faire valider leurs quittances pour une consultation reportée au jeudi 22 janvier.

Il convient de rappeler qu’en République Démocratique du Congo, les jours fériés sont chômés et payés, entraînant souvent la paralysie de nombreux services, avec des répercussions notables sur l’économie nationale et la santé publique. Si, à Kinshasa, des malades se retrouvent victimes d’une telle décision, qu’en est-il de ceux vivant dans les territoires occupés par les M23 et l’armée rwandaise, ou encore dans des zones éloignées des chefs-lieux et des grandes villes?

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