Sous l’œil attentif et fier de feu Malembe Tamandiak, éminent fondateur de l’UNISIC passé à l’éternité, le désormais Docteur Fabrice Akaa Lukangi a été élevé, ce samedi 4 avril 2026, au rang de Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication avec la mention « Grande Distinction ».
Sa thèse, « Communication politique et révision constitutionnelle en RDC : Analyse des modes de prise de position du public », jette une lumière crue sur le divorce entre le discours officiel et la perception citoyenne, aussi bien en 2014 qu’actuellement.
Une fracture profonde
L’étude s’appuie sur une enquête rigoureuse menée auprès des Kinois. Les résultats révèlent un fossé : 50 % des sondés rejettent la communication du pouvoir, tandis que 43 % ne l’acceptent que sous conditions. Pour l’auteur, cette réalité traduit une « érosion relationnelle entre le public et le pouvoir politique ».
Analysant la faible adhésion (3 %), Fabrice Akaa explique que « l’individu a tellement intégré le discours hégémonique qu’il n’a plus besoin d’arguments pour justifier sa prise de position ». Un constat qui souligne l’incapacité des récits politiques à transformer une intention juridique en une conviction nationale partagée.
Timing et intérêt général
Si l’auteur soutient que « la révision de la constitution n’est pas un péché », il pointe le caractère suspect de sa temporalité. En Afrique, ces initiatives surgissent généralement en fin de second mandat. Pour la classe politique, le message est un avertissement : le public décode, négocie et s’oppose. Le chercheur précise que « la révision constitutionnelle fertilise la communication politique, tandis que la communication politique assure sa diffusion ». Or, perçue comme une stratégie de survie personnelle, elle déclenche un rejet massif.
Vers une « Co-construction »
Face à ces blocages, le Professeur Akaa préconise un « schéma alternatif », privilégiant l’inclusion de la société civile et des universitaires. Il recommande de recentrer le débat sur les besoins vitaux : « les raisons d’ordre social, économique, sécuritaire et de développement doivent prévaloir sur les raisons d’ordre politique ».
A travers sa thèse, Akaa lance un appel à la lucidité : « si l’on ne tient pas compte des messages et de la temporalité, même si c’est Jésus qui est le Président, il sera étonné d’observer les populations se liguer contre lui ».
Il offre à la RDC une boussole pour naviguer dans les eaux tumultueuses des réformes, rappelant que la légitimité se communique et se négocie.
Hugo Robert MABIALA