RDC | Réformes constitutionnelles : Kabila accuse Tshisekedi de « trahir son serment constitutionnel »

Kinshasa vibre, ce vendredi 12 juin, au rythme d’un sit-in organisé par l’opposition pour dénoncer les velléités de réforme constitutionnelle. La veille, jeudi 11 juin, l’ancien président Joseph Kabila est sorti de son silence. Dans un message solennel, il accuse le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, actuellement engagé dans son second mandat, de violer délibérément le pacte républicain afin de prolonger son maintien au pouvoir.

Pour l’ex-président, « le cap est désormais franchi ». Il dénonce une « forfaiture manifeste » et affirme que « la trahison de son serment constitutionnel par le premier d’entre eux [Félix Tshisekedi] est désormais incontestable et de notoriété publique ». Cette sortie intervient dans un climat de forte tension politique, marqué par l’adoption récente d’une loi référendaire par l’Assemblée nationale, perçue par l’opposition comme un cheval de Troie destiné à modifier la Loi fondamentale.

Joseph Kabila se présente comme une sentinelle ayant anticipé cette dérive. Il regrette que ses précédentes alertes aient été systématiquement dénaturées par le pouvoir en place, lequel aurait, selon lui, usé de « toutes les techniques de manipulation des masses » pour discréditer ses mises en garde. Il fustige une gouvernance qu’il qualifie d’arrogante, liberticide et prédatrice, soulignant que le pays est désormais transformé en une « véritable cocotte-minute, prête à exploser » sous l’effet d’une asphyxie démocratique généralisée.

Refusant d’être un simple spectateur de ce qu’il décrit comme un « complot contre la nation », l’ancien chef de l’État en appelle à un sursaut patriotique. Il exhorte ses concitoyens à ne pas demeurer indifférents face à ce qu’il considère comme une menace existentielle pour la République.

S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, qui impose à chaque Congolais le devoir de faire échec à tout individu exerçant le pouvoir en violation de la Loi fondamentale, Joseph Kabila insiste sur la gravité de l’heure. Il martèle que « ce qui est en jeu dépasse les intérêts des partis politiques ou des individus ; ce qui est en jeu, c’est la survie même du Congo ».

Dans ce contexte, il lance un appel à la mobilisation générale. Il invite les Congolais à soutenir toutes les initiatives des forces vives engagées dans la défense des acquis démocratiques et exhorte chaque strate de la société -des familles aux villages- à devenir un « mirador pour la détection précoce et la dénonciation des atteintes aux libertés publiques ». Cet appel à la résistance citoyenne, formulé à la veille d’une journée de contestation nationale, accentue les inquiétudes sur la stabilité de la République démocratique du Congo.

MATSHI Darnell

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