À l’approche des scrutins de 2028, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) hausse le ton. L’organisme onusien appelle les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) à « respecter et garantir la pleine jouissance des libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique » afin de préserver l’intégrité du processus démocratique.
Cet appel intervient après la répression d’une manifestation organisée le 12 juin dernier à Kinshasa. Les participants protestaient contre une potentielle réforme constitutionnelle permettant un troisième mandat présidentiel. Le bilan, jugé « préoccupant » par l’ONU, fait état d’au moins un mort et de 38 blessés, dont quatre leaders de l’opposition.
Face à ces violences, le HCDH rappelle les obligations qui incombent à l’État congolais. « Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a l’obligation de faciliter les rassemblements pacifiques et d’en protéger les participants », souligne-t-il. Il précise que tout recours à la force doit être « strictement utilisé en dernier recours » et respecter les normes du droit international.
Si l’annonce d’une enquête par les autorités est saluée, le Haut-Commissaire Volker Türk exige des garanties de rigueur. Il demande que les investigations soient « efficaces, indépendantes, transparentes et impartiales ». Le HCDH insiste également pour que « toute personne reconnue responsable d’actes constituant des violations des droits de l’homme soit traduite en justice », dans le respect des garanties d’un procès équitable.
À l’approche des élections de 2028, cette exigence de justice apparaît comme un test important pour l’État de droit en RDC.
MATSHI Darnell