La journée de « Prière pour la nation » organisée dimanche 28 juin par la Communauté Charismatique Évangélique Jéhovah-Shaloom (CCEJS) a été marquée par une série de déclarations mêlant prophéties, appels à l’unité nationale et réflexions sur la gouvernance de la République démocratique du Congo. Devant les fidèles réunis, le prophète Gédéon Bekanga Lokose Jérubaal a notamment affirmé avoir reçu la conviction que le président Félix Tshisekedi restera aux commandes du pays jusqu’en 2030.

S’appuyant sur ce qu’il présente comme une révélation divine, le prédicateur a déclaré avoir vu « le même président » conduire les célébrations de l’indépendance en 2030. Il a soutenu que le chef de l’État poursuit une mission confiée par Dieu, estimant que « tant qu’il n’a pas encore fini sa mission (…), il ne partira pas. C’est la volonté de Dieu », avant d’ajouter que « la main de Dieu est sur lui ».
Au cours de cette rencontre, le prophète Gédéon Bekanga a également appelé les Congolais à soutenir le président de la République par la prière. « Priez beaucoup pour lui, intercédez pour lui », a-t-il lancé à propos du président, estimant que « les ennemis de cette nation ne le laisseraient pas faire des choses en paix ».
Le prophète a aussi abordé le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution. Revenant sur une question qui lui avait été posée lors d’un point de presse, il a indiqué avoir répondu qu’il appartenait aux institutions et aux mécanismes prévus d’examiner cette question, tout en appelant les citoyens à privilégier les voies légales et institutionnelles.
Au-delà des questions institutionnelles, le responsable religieux a insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion nationale. Selon lui, les clivages politiques devraient s’effacer lorsque les intérêts supérieurs du pays sont en jeu. Évoquant le contexte sécuritaire, il a exhorté les acteurs politiques à « mettre de côté nos divergences » et à « nous tenir la main pour défendre la nation », estimant que le Congo doit parler d’une seule voix face aux menaces extérieures.
Il a également plaidé en faveur d’une souveraineté accrue dans la gestion des affaires nationales. Pour le prophète Gédéon Bekanga, « le temps de l’indépendance réelle de notre pays » est arrivé. Il a appelé les autorités à privilégier le dialogue entre Congolais et à renforcer la prise en charge des enjeux nationaux par les fils et filles du pays, soutenant que « les affaires congolaises seront traitées par les Congolais » et qu’« aucune affaire du pays ne sera traitée par les étrangers ».
Sur le plan social, le prédicateur a dressé un tableau sombre des difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles. En s’appuyant sur le récit biblique de la famine à Samarie, il a estimé que certaines situations de détresse résultent moins de l’irresponsabilité des parents que des réalités économiques. Selon lui, « ce qui nous fait défaut, c’est l’argent », évoquant le chômage, la précarité et les inégalités qui empêchent de nombreux parents d’assurer l’avenir de leurs enfants.
Revenant sur la récente victoire des Léopards, l’homme de Dieu Gédéon Bekanga y a vu un symbole de l’unité nationale. Il a affirmé que « le foot a réuni l’opposition et le pouvoir », avant de souhaiter que cette communion observée autour de la sélection nationale puisse inspirer durablement la société congolaise.
Le prophète a par ailleurs réaffirmé la place de l’Église dans la vie nationale. Selon lui, « en aucun jour l’Église sera comprise par le politique », estimant que les responsables politiques et les hommes de Dieu n’ont ni la même vision ni la même compréhension des événements. Il a néanmoins soutenu que la prière demeure un rempart pour le pays, affirmant que le Congo est préservé « à cause de la prière ».
Le prophète Gédéon Bekanga a également appelé les Congolais à garder espoir malgré les difficultés actuelles. À plusieurs reprises, il a annoncé que « les choses vont changer », tout en exhortant les fidèles à continuer de prier pour la paix, la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.
Osée MABIALA