À l’heure où l’intelligence artificielle et les outils numériques bouleversent la pratique du droit, Me Guy Loando Mboyo rappelle avec force que l’avocat ne saurait déléguer ni son jugement ni son éthique aux machines.
Ce jeudi 9 juillet, au Pullman Hôtel, le Barreau de Kinshasa/Gombe célébrait ses 58 ans. Une échéance symbolique qui s’est transformée en tribune stratégique, portée par une des figures centrales de l’échiquier politique congolais : Maître Guy Loando Mboyo.
Ministre d’État en charge des Relations avec le Parlement, c’est pourtant fort de son premier amour -la toge noire- en qualité d’avocat inscrit au Barreau de Kinshasa/Gombe qu’il a pris la parole. Cette double casquette n’est pas un simple atout protocolaire : elle incarne le trait d’union entre la rigueur de la pratique judiciaire et l’impératif des réformes législatives. Devant ses pairs, il a tracé une feuille de route exigeante autour d’un thème cardinal : « L’Avocat face aux défis de l’heure : la formation continue, levier d’adaptation et de performance ».

Pour Maître Guy Loando, l’inertie est proscrite. Face à la fulgurance des évolutions numériques, l’avocat ne peut plus se contenter de son savoir acquis. « La formation continue est devenue une exigence incontournable pour permettre aux avocats de s’adapter aux évolutions du droit et aux nouveaux enjeux, notamment le numérique, la cybersécurité et l’intelligence artificielle », a-t-il martelé, soulignant la nécessité d’une remise en question permanente.
Toutefois, cette modernisation technologique ne saurait être un totem. Le ministre d’État a tenu à poser des jalons éthiques stricts. Si l’intelligence artificielle et les outils numériques bouleversent le paysage juridique, ils doivent rester des alliés et non des maîtres. « Ces technologies doivent être considérées comme des outils d’assistance, sans jamais se substituer au jugement, à l’éthique et à la relation de confiance qui fondent la profession d’avocat », a-t-il rappelé, réaffirmant la primauté de l’humain dans le sanctuaire de la défense.
Au-delà de la technique, Guy Loando Mboyo a appelé à un changement de paradigme institutionnel. Il plaide pour une synergie féconde entre les pouvoirs publics et le monde judiciaire. Dans une démarche pragmatique, il a insisté sur « la nécessité d’une collaboration étroite entre le gouvernement, le parlement et le barreau congolais afin de mettre l’expertise des professionnels du droit au service de l’amélioration de la législation et de la justice ».

Cette vision s’inscrit dans une cohérence gouvernementale assumée. Plaçant son action sous le leadership du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le ministre d’État a rappelé que l’exécutif, loin d’être déconnecté, « poursuit les réformes visant à renforcer la sécurité juridique, à moderniser l’appareil judiciaire et à consolider l’État de droit ».
En invitant l’assistance à transformer ces réflexions en « recommandations concrètes », Maître Guy Loando a clos son intervention avec la gravité de celui qui sait que, pour le droit congolais, l’heure est à la mutation. À Kinshasa, la robe noire se prépare, plus que jamais, à affronter les défis d’un monde en perpétuel mouvement.
MATSHI Darnell