RDC | Lutte contre la fraude : l’IGF Bitasimwa annonce la mise en place du contrôle systémique

L’Inspection générale des finances (IGF) amorce un tournant dans sa stratégie de contrôle des finances publiques. À travers son Plan stratégique triennal 2026-2028 présenté mercredi 5 août lors du Briefing Presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, l’Inspecteur général, chef de service de l’IGF, Christophe Bitasimwa Bahii, a annoncé la mise en place progressive d’un contrôle systémique, une approche fondée sur la digitalisation qui vise à prévenir les irrégularités avant qu’elles ne surviennent.

Pour le patron de l’IGF, cette réforme est née d’un diagnostic réalisé dès son arrivée à la tête de l’institution. Cet état des lieux a permis d’identifier les forces de l’Inspection générale des finances, mais aussi les insuffisances qui limitent encore l’efficacité des missions de contrôle.

« Nous voulons passer du contrôle ponctuel au contrôle permanent », a déclaré Christophe Bitasimwa, soulignant que le recours aux outils numériques permettra aux inspecteurs de suivre les opérations financières à distance, d’analyser les données en temps réel et de cibler avec davantage de précision les interventions sur le terrain.

À l’en croire, cette nouvelle approche permettra surtout à l’IGF d’agir en amont afin d’empêcher la commission des irrégularités. « Nous pouvons faire des interventions préventives qui empêchent justement que les irrégularités se produisent », a-t-il expliqué.

Le chef de service de l’IGF a reconnu que la patrouille financière, qui a marqué les premières années de la lutte contre les détournements des deniers publics, a produit des résultats notables, notamment dans les régies financières et les entreprises publiques. Toutefois, il estime que ce mécanisme montre aujourd’hui ses limites, l’Inspection ne pouvant être présente simultanément dans toutes les administrations en raison de ressources humaines et financières limitées.

D’où la nécessité, selon lui, de s’appuyer sur la digitalisation afin de suivre les flux financiers sans dépendre uniquement des descentes physiques. « Le contrôle systémique prolonge et affine la patrouille financière. Je dirais même que le contrôle systémique, c’est la patrouille financière qui s’utilise beaucoup plus efficacement », a affirmé Christophe Bitasimwa.

Il a cependant précisé que la patrouille financière ne sera pas abandonnée dans l’immédiat. « Nous continuons la patrouille financière jusqu’au moment où nous mettrons en place un système digital qui nous permettra de travailler à distance », a-t-il indiqué, précisant que cette présence demeure indispensable, notamment pour sécuriser la mobilisation des recettes publiques.

Le responsable de l’IGF a également annoncé que la digitalisation deviendra progressivement un critère de contrôle pour les administrations publiques. Les structures qui ne disposent pas encore de systèmes numériques seront encouragées à s’y conformer afin de faciliter la traçabilité des opérations financières.

Face aux préoccupations liées aux risques de piratage informatique, Christophe Bitasimwa s’est voulu rassurant. Pour lui, la modernisation de l’administration est une nécessité qui doit s’accompagner de dispositifs de cybersécurité adaptés. « La solution de sécurité du système numérique, c’est une solution aussi numérique », a-t-il insisté.

À travers cette réforme, l’Inspection générale des finances entend ainsi faire évoluer son modèle de contrôle vers un système davantage axé sur l’analyse des données, le croisement des informations financières et la prévention des fraudes, avec l’ambition de renforcer durablement la gouvernance des finances publiques en République démocratique du Congo.

Osée MABIALA

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